Alcatel-Lucent débute 2012 avec un lourd handicap
La confiance du marché envers Alcatel-Lucent reste toujours aussi fragile. L’annonce de résultats trimestriels moins bons que prévu a renforcé les doutes sur la capacité de l’équipementier en télécoms à atteindre ses objectifs annuels. «Nous pensons que le premier trimestre a constitué un point bas pour l’année concernant la marge qui devrait s’améliorer au cours du deuxième trimestre et du deuxième semestre», a bien tenté de rassurer le directeur financier Paul Tufano. Mais le cours de l’action a plongé de 16,7% à 1,22 euro. Avec une capitalisation de 2,9 milliards d’euros, soit la plus petite du CAC 40, la place du groupe dans l’indice de la Bourse de Paris paraît de plus en plus menacée, plusieurs membres du Next 20, l’antichambre du CAC 40, affichant des capitalisations flottantes supérieures.
Le premier trimestre n’est jamais le meilleur de l’année pour Alcatel-Lucent. Mais avec une marge brute de 30,3% à fin mars, Alcatel-Lucent fait à la fois moins bien que les 35,6% du dernier trimestre et que les 36,2% du premier trimestre 2011. L’équipementier a plus souffert que ses concurrents du ralentissement des commandes des opérateurs de télécoms: son chiffre d’affaires trimestriel a plié de 14,8%, alors qu’Ericsson et Nokia Siemens Networks ont limité la baisse à 6% et 9%. D’autre part, les contrats facturés au premier trimestre l’ont été dans des activités à plus faible marge.
Conséquence, Alcatel-Lucent finit le trimestre en perte opérationnelle de 221 millions d’euros, quasiment trois fois plus élevée que ce qu’attendait le consensus. Avec ce handicap, l’amélioration de la marge, objectif fixé en début d’année et renouvelé hier, paraît un peu plus hasardeux. L’an dernier, l’équipementier a dégagé une marge opérationnelle de 3,9%. Le salut pourrait provenir d’une accélération de l’activité aux Etats-Unis, où le groupe réalise 42% de son chiffre d’affaires.
A défaut de sauver sa marge, Alcatel-Lucent a au moins préservé sa trésorerie. Grâce à une meilleure gestion de son besoin en fonds de roulement, le groupe n’a consommé que 163 millions d’euros au premier trimestre, contre -265 millions l’an dernier. Le déficit de son fonds de pension se réduit également à 1,2 milliard, 600 millions de moins qu’à fin décembre. Et enfin, grâce à la perception du produit de cession de Genesys en début d’année, l’équipementier affiche une trésorerie nette de 753 millions d’euros.
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