Airbus Group accélère le dénouement de ses liens avec Dassault Aviation
Airbus Group semble pressé de dénouer ses liens capitalistiques avec Dassault Aviation. En novembre 2014, l’avionneur français avait déjà racheté un bloc de titres, représentant 8% de son propre capital, qui avaient été cédés dans le cadre d’une transaction de gré à gré par le constructeur aéronautique européen. Ce dernier avait alors indiqué avoir l’intention de vendre une part supplémentaire de 10% du constructeur du Rafale d’ici au 30 juin 2015.
En annonçant hier après-midi «un projet de placement avec construction d’un livre d’ordres» portant sur 1,61 million d’actions Dassault Aviation, après avoir fait état d’un volume de 1,38 million dans la matinée, Airbus Group anticipe l’échéance initiale tout en se désengageant plus massivement que prévu à l’origine.
Conseillé par Rothschild, le groupe européen cédera ainsi au minimum 17,5% du capital, voire 18,8% en cas d’exercice de l’option de surallocation d’ici au 25 avril par les quatre banques chargées du placement (BoA Merrill Lynch, Deutsche Bank, Goldman Sachs et JPMorgan). Avec une participation ramenée entre 23,2 et 24,5% au capital de l’avionneur français, Airbus Group en demeurera le deuxième actionnaire derrière la famille Dassault, majoritaire avec 55,5% du capital. L’Etat français a refusé d’exercer son droit de rachat prioritaire sur les titres mis en vente.
La cotation des actions Dassault Aviation a été suspendue à la demande de celui-ci jusqu’à vendredi matin «afin de faciliter le bon déroulement du placement». Le groupe français, qui se réjouit de l’élargissement de son flottant, rachètera dans le cadre de cette opération 5% de son capital au prix maximum de 980 euros par action, comme convenu dans le cadre de la convention signée fin novembre entre les deux entreprises. Ce prix fait ressortir une décote de 21% sur le cours de clôture de Dassault Aviation mardi, alors que le prix s’appliquant aux investisseurs institutionnels pourra être plus élevé.
Si l’on retient un prix de cession à 1.030 euros pour cette catégorie d’investisseurs, soit 5% au-dessus du prix plafond prévu pour l’avionneur français, Airbus Group dégagerait un produit de cession d’environ 1,75 milliard d’euros en incluant l’option de surallocation. Ce montant sera affecté «aux besoins généraux du groupe» dont le titre a terminé la séance en repli de 2,3% à 58,9 euros sur le marché parisien.
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