Air France-KLM prépare pour 2012 un plan d'économies et de réduction de sa dette

La compagnie aérienne perdra plus de 400 millions d’euros cette année. Sa dette représente plus d’une fois ses fonds propres
Olivier Pinaud

J‘ai hésité quelques jours avant de donner ma réponse. Finalement, j’ai dit ‘oui’ en sachant que ça ne serait pas une partie de plaisir». Revenu récemment aux commandes opérationnelles d’Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta a reconnu hier soir les difficultés de la compagnie aérienne. Le groupe perdra de l’argent en 2011 au niveau opérationnel, contrairement à ce qu’il a toujours prévu depuis le début de l’année. «Les conditions économiques actuelles ont un impact sur les échanges mondiaux et sur la croissance des entreprises entraînant une volatilité tant dans le trafic que dans les recettes», explique le groupe qui attendait jusqu’alors un résultat d’exploitation positif pour 2011.

L’avertissement sur résultats n’est pas une surprise. Les analystes ne croyaient plus à l’objectif officiel depuis plusieurs semaines déjà. Reste maintenant à connaître l’ampleur de la perte, qui s’annonce de toute façon largement supérieure aux 70 millions d’euros attendus jusqu’à hier soir par le consensus. D’ores et déjà, entre janvier et septembre 2011, Air France-KLM a accumulé 151 millions d’euros de pertes opérationnelles, soit trois fois plus par rapport à la période correspondante de 2010. Les trois derniers mois de l’année, attendus officiellement dans le rouge, entraîneront de fait une aggravation. Oddo Securities prévoyait hier une perte opérationnelle annuelle de 202 millions d’euros. Au 30 septembre, la perte nette atteint déjà 400 millions d’euros. Enfin, en 9 mois, la compagnie a consommé plus 915 millions d’euros de trésorerie.

2011 devrait donc se solder par une nette dégradation du bilan d’Air France-KLM. De quoi renforcer les inquiétudes sur la structure financière de la compagnie. Au 30 septembre, elle affichait 6,23 milliards d’euros de capitaux propres pour 6,5 milliards de dettes nettes. Sa trésorerie (3,4 milliards) et ses lignes de crédit disponibles (1,85 milliard) ne font pas craindre de problèmes de liquidités à court terme, mais en cas d’accumulation de nouvelles pertes en 2012, la question d’une recapitalisation risque de se poser.

Le groupe a d’ailleurs indiqué hier soir prévoir un plan au premier trimestre 2012 pour améliorer sa compétitivité et son bilan. Objectifs affichés: nouvelles réductions de coûts, restructuration de son activité de court et moyen courriers et réduction rapide de sa dette.

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