Adidas tente d’amadouer les investisseurs avec des rachats d’actions
Adidas entend reprendre la main. L’équipementier sportif allemand a dévoilé hier un programme de rachat d’actions susceptible d’atteindre 1,5 milliard d’euros au cours des trois prochaines années. Un programme, lancé d’ici à la fin de l’année dans le respect de l’autorisation donnée par l’assemblée générale de mai dernier, destiné à apaiser la grogne des investisseurs alors que le titre a abandonné un tiers de sa valeur depuis janvier à Francfort.
De fait, le marché a salué l’initiative, l’action Adidas gagnant jusqu’à 4,83% en séance, avant de clôturer en hausse de 1,03% à 59,86 euros.
Le directeur financier Robin Stalker avance que la «sous-valorisation significative» actuelle du titre constitue une «excellente opportunité» d’agir. Le groupe a en outre confirmé son engagement à verser un dividende représentant 20 à 40% du bénéfice distribuable. Adidas souligne que le programme de rachat sera «principalement» financé par le flux de trésorerie disponible. Le groupe pourra tout de même également compter sur une part du fruit de deux emprunts obligataires en euros qui ont été placés hier. Le produit de ces émissions sera affecté aux besoins généraux du groupe, dont le refinancement de la dette, le financement des pensions, ou, donc, le «retour aux actionnaires». Le montant cumulé des deux emprunts à 7 et 12 ans, placés sous la direction de Bayerische Landesbank, Deutsche Bank, JPMorgan, Mizuho et UniCredit, sera d’un milliard d’euros.
Si Robin Stalker assure que le plan annoncé hier traduit la «grande confiance» de la direction envers le potentiel de génération de liquidités et de croissance d’Adidas, le groupe souffre en termes opérationnels, particulièrement face à son principal rival Nike. Adidas a concédé en juillet un troisième avertissement sur résultats en un an, sur fond de faiblesse de l’activité golf et d’incertitudes en Russie.
En août dernier encore, le directeur général Herbert Hainer assurait qu’aucun plan de rachat de titres n’était à l’ordre du jour. La direction sous pression a donc changé d’avis.
Le magazine allemand Manager Magazin a assuré le mois dernier que les fonds alternatifs activistes Knight Vinke, Third Point et TCI songeaient à entrer au capital d’Adidas afin de réclamer des changements comme le départ du directeur général et la scission de Reebok ou de la griffe de golf TaylorMade.
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