Abertis concrétise en Italie sa quête d’acquisitions dans les autoroutes
Fin juillet, lors de la présentation des résultats semestriels, Francisco Reynes, le directeur général d’Abertis, s’était engagé à faire des acquisitions l’un des vecteurs de création de valeur pour le groupe d’infrastructures espagnol. Il est passé à l’acte hier en annonçant l’acquisition de A4 Holding, un consortium réunissant Intesa, Astaldi et Tabacchi, qui exploite deux autoroutes à péage en Italie: la A4 entre Brescia et Padoue et la A31 qui relie Vicenza à Rochette.
A4 Holding, autrefois appelé Serenissima, possède également des investissements dans les infrastructures télécoms et l’immobilier. Il a dégagé en 2014 un chiffre d’affaires de 561 millions pour un Ebit de 205 millions. Le montant de la transaction n’est pas communiqué. Selon l’agence Efe, l’opération porterait sur 51% du capital de A4 Holding, pour une valeur de 600 millions d’euros.
D’autres opérations de ce type devraient suivre. La direction d’Abertis avait indiqué lors des résultats semestriels avoir identifié huit projets d’acquisitions dans les autoroutes pour une valeur d’entreprise cumulée de 7,5 à 9 milliards d’euros. L’Italie faisait partie avec l’Espagne des deux pays européens visés. Les projets restants sont situés en Amérique du sud et centrale (Chili, Brésil et Porto Rico), ou Abertis est déjà le numéro un depuis l’acquisition du chilien OHL, ainsi qu’aux Etats-Unis.
Ces ambitions sont nourries par une structure de bilan confortable. A la fin juin 2015, Abertis portait 9,32 milliards d’euros de dette nette, soit 3 fois son Ebitda ajusté, contre un ratio de 4,5 fois en fin d’année dernière. Le groupe a notamment profité de la mise en Bourse de sa filiale d’infrastructures de télécoms Cellnex. Les deux tiers du capital ont été vendus pour un montant de 1,74 milliard d’euros, permettant à Abertis de réduire sa dette nette de 431 millions d’euros, en ajoutant les autres opérations de cessions d’actifs, plus marginales.
Depuis quelques trimestres, les actionnaires d’Abertis font pression pour que le groupe retrouve une structure de bilan plus efficiente. En plus des acquisitions, Francisco Reynes a annoncé un renforcement du programme de rachat d’actions. Il portera sur 6,5% du capital contre 5% initialement prévu.
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