A Francfort, le secteur automobile parle consolidation
Cela fait des années qu’on parle consolidation, mais les restructurations coûtent cher ». Si l’on se fie aux propos d’Ivan Hodac, secrétaire général de l’Acea (Association des constructeurs européens d’automobiles), il faudra encore patienter pour voir se concrétiser le grand mouvement de refonte du secteur automobile annoncé depuis des mois. Car si des transactions ont bien eu lieu chez Opel ou Chrysler, d’aucuns soulignent qu’elles ont été autant des opérations de sauvetage d’urgence que des mouvements industriels de fonds.
En tout cas, à l’occasion du salon de Francfort, les industriels ont rappelé qu’ils fourmillent d’idées à ce sujet. Le patron de Fiat, Sergio Marchionne voit notamment dans la sortie de crise une opportunité pour les groupes asiatiques. « Je pense que l’occasion est excellente pour certains d’entre eux de venir prendre pied en Europe », a-t-il lancé. Un avis qui apparaît d’autant plus pertinent que le chinois Geely a fait savoir qu’il était intéressé par Volvo, que certains estiment à 1,5 milliard d’euros.
D’ailleurs c’est bien de l’extérieur de l’Europe que devrait être lancé le cycle de consolidation, si l’on excepte le cas Porsche-VW. PSA a dit ne pas discuter fusion avec BMW et d’une façon générale, Sergio Marchionne ne voit pas « de volonté du côté européen pour initier le mouvement ».
A l’inverse, les équipementiers européens sont en alerte. Au printemps dernier, Philippe Vincent, associé chez PwC, voyait déjà se dessiner « des fusions de survie, sans synergies, sans restructuration et sans sortie de cash, entre des groupes qui ont les mêmes problématiques de trésorerie ». Peter Pleus, directeur général de Schaeffler Automotive semble du même avis. « La crise actuelle va amplifier le mouvement de consolidation », a-t-il dit à Francfort.
Pour Christian Mueller, analyste de HIS Global Insight, « sur les 4.000 équipementiers que compte le monde, 500 pourraient faire faillite jusqu'à fin 2010 ». Il y aura donc des groupes sous pression (qu’il s’agisse de survie ou de recentrage) mais aussi des opportunités pour les plus résistants. Bosch, Johnson Controls, Honeywell pourraient être intéressés par l’acquisition de technologies. Michelin estime pour sa part que la croissance externe pourrait l’aider à se renforcer en Asie.
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