2015 sera une nouvelle année de restructuration pour Air France-KLM
Comme prévu, la grève des pilotes d’Air France en septembre a précipité les comptes de la compagnie dans le rouge. Elle lui a coûté 483 millions d’euros de revenus et 413 millions d’Ebitda (ou excédent brut d’exploitation) et de résultat d’exploitation. Son chiffre d’affaires chute de 3,4% (à 15,6 milliards d’euros) et l’Ebitda recule de 17% (mais progresse de 24% hors grève), à 845 millions. Sa perte d’exploitation passe de 174 à 314 millions. KLM ne va guère mieux: son Ebitda et son résultat d’exploitation reculent de 13,2% et 42% (à 734 et 175 millions).
Grève mise à part, le groupe a subi un recul de ses recettes en Asie, en raison de la concurrence, et en Afrique, où la baisse du baril pèse sur les économies. Son chiffre d’affaires recule de 2,4% (à 24,9 milliards). L’EBE chute à 1,59 milliard (-14,3%), dans la fourchette indiquée lors de son avertissement de décembre. Air France-KLM ne réduit fortement ses pertes (-89% à -198 millions) qu’à la faveur d’une modification de la fiscalité sur les retraites aux Pays-Bas (+824 millions).
Le groupe a averti qu’il subira encore la faiblesse des long-courriers et devra assumer des effets de change négatifs, qui pourraient effacer les gains liés à la baisse du kérosène. C’est pourquoi il a renforcé son objectif de baisse des coûts de 1,5% par an en moyenne de 2015 à 2017 –contre une fourchette de 1% à 1,5% fixée dans le plan «Perform 2020». Pour 2015, il prévoit entre 250 et 350 millions d’économies (soit entre 1% et 1,3%). En outre, les investissements seront réduits de 300 millions en 2015 et d’autant en 2016, une mauvaise nouvelle dans les zones à forte concurrence.
Le désendettement prendra plus de temps que prévu. Le groupe vise désormais une dette nette d’environ 5 milliards –non plus de 4,5 milliards– d’euros fin 2015 (contre 5,41 milliards fin 2014). «Le bilan d’Air France-KLM va continuer à se détériorer dans les trois prochaines années. La société doit refinancer 2,5 milliards d’euros d’ici à 2020, avec une réserve d’actifs qui s’amenuise», écrit Bank of America dans une note. En outre, l’objectif de croissance de 8% à 10% par an de l’Ebitdar (EBE avant locations opérationnelles) est désormais qualifié «d’ambitieux» –comprendre difficile à tenir. Le multiple de dette nette ajustée sur Ebitdar ne passera plus sous la barre des 2,5 en 2017, mais il est prévu «autour de» 2,5. L’action Air France-KLM a logiquement perdu du terrain hier (-5,02% à 7,2 euros).
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.