XAnge valide son modèle avec huit cessions auprès d’industriels

La filiale de La Banque Postale a multiplié entre une et quinze fois sa mise dans des sociétés technologiques
Amélie Laurin

Et de huit. En annonçant mercredi le rachat du spécialiste de l’analyste de données Kxen, l’éditeur de logiciels SAP permet à XAnge Private Equity de poursuivre sa vague de cessions. Depuis 2012, le pôle de capital-risque de la société de gestion a vendu à des industriels ses participations minoritaires dans sept entreprises. «Cela montre que notre société a atteint sa maturité, dix ans après sa création par des industriels (La Poste, ndlr) qui voulaient mieux percevoir ce qui se passe sur leurs marchés, explique Hervé Schricke, fondateur et président du directoire de XAnge. Ce courant illustre aussi un courant d’acquisitions par des industriels du monde entier à la recherche de la corde qui manque à leur arc, pour faire face à l’évolution extrêmement rapide des technologies et de leurs usages».

En 2012 le logisticien Kiala était passé chez UPS et le site de e-commerce Delamaison chez Leroy Merlin. En 2013, XAnge a cédé ses parts d’actionnaire minoritaire dans plusieurs pépites technologiques acquises par Fujitsu, Xerox ou encore Adobe. Ce dernier a racheté cet été l’éditeur de logiciels marketing Neolane. «Nous étions en train de préparer le terrain pour une introduction sur le Nasdaq quand Adobe a contacté les dirigeants de Neolane, raconte le président de XAnge. Cette opération nous permet de multiplier par 15 notre investissement de quelques millions d’euros. Sur les autres sorties industrielles, nous avons réalisé un multiple compris entre 1 et 5». Sachant que les tickets de l’équipe de capital-innovation sont compris entre 1 et 8 millions d’euros.

Ces participations étaient logées dans des produits défiscalisés (FIP et FCPI) réservés aux clients de La Banque Postale et/ou dans un premier fonds institutionnel de 65 millions d’euros. Fin 2011, XAnge en a levé un deuxième de 60 millions d’euros, abondé notamment par La Poste et La Banque Postale. Un atout face à d’autres équipes qui ont perdu leur sponsor (Natixis, le Crédit Agricole ou BNP Paribas) du fait des normes de Bâle 3. A l’inverse, les particuliers visés par XAnge ont un patrimoine plus faible que chez ses concurrents.

Après cinq opérations sur le FCPR XAnge Capital 2, «nous disposons d’environ 70 millions d’euros à investir dans le capital-innovation, auxquels s’ajoutent une quarantaine de millions pour l’équipe de capital transmission de XAnge», indique Hervé Schricke. Soit environ 30% des 360 millions d’encours de la société.

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