Tikehau IM voit plus grand pour son nouveau fonds de dette privée
Un lancement de fonds chasse l’autre chez Tikehau IM. Le spécialiste de la gestion de dette, qui vient tout juste de boucler la levée d’un fonds de prêts seniors leveraged loans de 230 millions d’euros, repart sur les routes. Il vient d’obtenir le visa de la CSSF, le régulateur luxembourgeois, pour un véhicule de droit local, baptisé Tikehau Direct Lending 3.
Ce nouveau véhicule vise un montant de collecte de 500 à 750 millions d’euros, là où son prédécesseur, TSS2, levé il y a quatre ans, dépassait simplement la centaine de millions. Il interviendra sur une palette large d’instruments: dette senior, unitranche, mezzanine… «Les objectifs de TDL 3 sont la conséquence du développement de la société à l’international et de la mise en œuvre du partenariat signé en début d’année avec Amundi pour accroître notre capacité de distribution», indique Matthieu Chabran, directeur général de Tikehau IM. Le groupe a annoncé en mars l’ouverture de son capital à la filiale de gestion du Crédit Agricole ; il couvre désormais l’Europe du Nord depuis l’ouverture d’un bureau à Londres en 2013 liée à son investissement dans Duke Street, et a recruté en septembre un responsable pour son développement en Italie.
Par comparaison, Tikehau Corporate Leverage Loan Fund (TCLLF), le véhicule de 230 millions bouclé fin septembre, a un prisme plus réduit. Il se concentrera sur les dettes seniors en euros servant à financer des rachats à effet de levier (LBO) de plus de 200 millions d’euros en valeur d’entreprise. «Nous ne sommes plus dans une logique d’arrangeur, comme pour notre activité direct lending, mais dans celle de participation à des syndications bancaires, pour répondre à la demande d’investisseurs institutionnels qui ont besoin de trouver du rendement dans la classe d’actifs senior», précise Matthieu Chabran.
Annoncé fin 2013, le fonds a été levé auprès d’une dizaine d’investisseurs, pour l’essentiel français, dont une majorité d’assureurs. Il a déjà pris une quinzaine de tickets dans la dette d’entreprises européennes pour un total de 70 millions d’euros. Le véhicule a été structuré comme un fonds de prêt à l’économie (FPE). La profession attend la parution d’un décret, en novembre, élargissant ce statut aux mutuelles assujetties au Code de la mutualité et levant les ambiguïtés qui pèsent sur le financement des holdings, et donc des LBO.
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