La messagerie instantanée souhaiterait déposer son prospectus à la fin de l’année, pour une IPO en mars. Elle relance le débat sur la valorisation des «licornes».
Publié le
Antoine Landrot
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Bloomberg
Le débat sur les valorisations faramineuses des applications internet est relancé. Snap Inc. (tout nouveau nom de Snapchat) prépare son introduction en Bourse (IPO), avec d’intention d’atteindre une capitalisation d’au moins 25 milliards de dollars. L’information, révélée par l’agence Dow Jones, a été corroborée par Bloomberg ; tous deux citent des sources proches. Le site de messagerie instantanée aurait l’intention de lancer l’opération en mars prochain.
Si l’IPO était menée à bien, elle serait la plus importante cotation qu’aurait connue la Bourse américaine depuis 2014 – depuis l’introduction du géant chinois Alibaba.
L’objectif de 25 milliards de dollars représente une augmentation importante par rapport à la valeur implicite atteinte par Snap à l’occasion de son dernier tour de financement privé au mois de mai, à savoir 17,8 milliards de dollars. De tels montants peuvent paraître vertigineux pour une société qui, comme tant d’autres start-up surfant sur internet et les réseaux sociaux, ne brille pas par sa transparence sur sa santé financière ni sur son business model.
Plus tôt dans l’année, l’entreprise a indiqué aux investisseurs qu’elle s’attendait à réaliser un revenu compris entre 250 et 350 millions de dollars en 2016 (des sources ont indiqué au Wall Street Journal qu’elle a déjà dépassé cette fourchette) et de 1 milliard de dollars en 2017. En 2015, le chiffre d’affaires avait atteint un petit 60 millions. La rentabilité du site de messagerie demeure en revanche un mystère.
Ce manque de transparence ne sera pas résolu par les avis d’opération de Bourse que Snap veut déposer à la fin de cette année : réalisant moins de 1 milliard de dollars de revenus en 2016, il pourra remplir son prospectus de manière confidentielle.
Etant donné le montant supposément visé par Snap, on comprend pourquoi l’entreprise se tourne vers la Bourse : elle avait en effet suscité un enthousiasme relatif à l’occasion de ses précédentes levées de fonds privées, en particulier celle de mars dernier : à 16 milliards de dollars, elle n’avait fait que retrouver sa valorisation de mai 2015.
Plusieurs investisseurs institutionnels ont d’ailleurs déprécié la valeur de leurs participations dans certaines «licornes», ces start-up non cotées dont la valorisation excède le milliard de dollars. En avril dernier, la Securities and Exchange Commission avait de son côté mis en garde les investisseurs contre la flambée des valorisations des licornes.
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