Septembre s’annonce tendu pour le marché du crédit
Septembre risque de ne pas être de tout repos sur le marché du crédit. L’onde de choc chinoise qui est en train de se propager à travers le monde est venue s’ajouter à une liste d'événements en mesure de compliquer la tâche des émetteurs. D’une part, le Labor Day américain, qui se fête traditionnellement le premier lundi de septembre, tombe cette année le 7 septembre, ce qui réduit la fenêtre d'émissions jusqu'à la fin du mois.
Ce jour férié est en effet très suivi et il marque habituellement la réouverture du marché obligataire après la coupure estivale, les émetteurs et les investisseurs ne souhaitant pas se lancer dans une opération avant le long week-end de Labor Day.
D’autre part, la réunion de la Réserve fédérale des 16 et 17 septembre va conditionner l’ambiance des marchés de crédit. Jusqu’au début du mois d’août, les anticipations étaient relativement équilibrées entre remontée des taux de la banque centrale et statu quo. La lecture des minutes de la réunion de fin juillet et la crainte d’un ralentissement plus brutal que prévu de l’économie chinoise ont brouillé les cartes. Enfin, bien avant une éventuelle intervention de la Fed, les spreads de crédit se sont déjà nettement écartés ces dernières semaines. L’indice iTraxx s’élève à 77 points de base (pb) contre 61 pb il y a 3 mois et le Crossover est monté à 364 pb contre 279 pb il y a 3 mois, soit son niveau le plus élevé depuis janvier dernier.
Selon les analystes crédit de la Société Générale, le volume d’émission en septembre pourrait tourner autour de 100 milliards de dollars, plus ou moins 10 milliards, contre une moyenne de 143 milliards constatée au cours des trois dernières années. Un resserrement prolongé risquerait de créer un effet de ciseaux sur de nombreux émetteurs en les contraignant à accepter des conditions de financement plus coûteuses, voire à reporter l'émission.
Si certains emprunteurs avaient anticipé la réunion de la Fed et le resserrement des spreads en passant à l’action au début de l'été, avec un record d’émissions de 145 milliards de dollars d’obligations investment grade en juillet contre une moyenne de 78 millions pour ce mois, de nombreuses émissions sont attendues d’ici à la fin 2015 afin de refinancer les fusions-acquisitions annoncées ou réalisées ces derniers mois, sachant que le marché mondial des M&A approche des 1.200 milliards de dollars depuis le début de l’année.
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