Royal Bank of Canada muscle ses activités de taux en Europe

La banque est devenue cette semaine spécialiste en valeurs du Trésor en France et en Allemagne. Une activité qui continue à susciter les vocations
Alexandre Garabedian

RBC Capital Markets marque des points en Europe continentale. La banque canadienne a fait son entrée mardi dans le cercle des primary dealers en Allemagne, les établissements chargés d’animer les marchés de la dette souveraine primaire et secondaire. La veille, elle avait accédé au statut de spécialiste en valeurs du Trésor en France, devenant le 20e SVT dans l’Hexagone.

«Etre désigné primary dealer en France et en Allemagne constitue une progression logique pour RBC dans ses activités de taux. Cela permettra à la banque d’être plus crédible auprès d’un plus large rayon de clients britanniques et européens», indique Harry Samuel, coresponsable mondial de l’activité taux et change de RBC Capital Markets, dans un e-mail à L’Agefi. La banque d’investissement de Royal Bank of Canada «continuera à regarder les occasions de compléter ses forces sur les taux», sans préciser dans quels pays elle vise le statut de spécialiste en valeur du Trésor.

Déjà primary dealer au Canada, en Australie, et en Grande-Bretagne depuis une dizaine d’années, RBC a également été admise à participer aux adjudications de Treasuries aux Etats-Unis en juillet 2009. Ce qui s’était traduit, selon sa directrice financière Janice Fukasuka, par une augmentation de 70% de ses volumes traités sur les emprunts d’Etat américains dans les mois suivants.

Après la disparition d’acteurs comme Lehman Brothers et Merrill Lynch ces dernières années, l’activité de primary dealer suscite en tout cas les vocations. Un autre canadien, Nova Scotia, est devenu SVT en France cette année (L’Agefi du 6 mai). L’américain Jefferies a décroché le sésame dans cinq pays européens et «veut doubler ce nombre dans les douze à dix-huit mois», indiquait en août Domenico Crapanzano, son responsable du trading et de la vente sur les taux en Europe.

De nombreux professionnels jugent pourtant que l’activité n’est pas rentable en soi. Mais la hausse des volumes sur le marché primaire, de la volatilité et des spreads sur le secondaire, et le recours accru par certains Trésors à la syndication, ont changé les termes de l’équation économique. «Nous nous attendons à ce que la demande pour les emprunts d’Etat européens augmente dans les années qui viennent, et nous voulons disposer d’une plate-forme solide avec un historique établi pour capitaliser sur les opportunités que cela représente», corrobore Harry Samuel.

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