Providence Equity consolide l’enseignement supérieur privé en France
Les transactions se dénouent dans le LBO français à la veille de la coupure du mois d’août. Tandis que Bridgepoint vient d’annoncer la cession de la Compagnie du Ponant à Artémis, un autre processus engagé au printemps a abouti ces derniers jours: la vente par Bregal Capital de Studialis, le réseau de 23 écoles de commerce et de création. Providence Equity a remporté les enchères menées par Rothschild, damant le pion à Bridgepoint et Eurazeo. Le fonds Bregal était présent au capital depuis fin 2007 et a créé Studialis à partir de la reprise du groupe ESG. Les deux groupes, qui ne commentent pas, sont en négociations exclusives.
Providence Equity est déjà présent en Europe dans l’éducation à travers le groupe Galileo, qui détient, en France, l’Atelier de Sèvres et l’Institut supérieur des arts appliqués. De fait, la transaction, un build-up, sera menée par Galileo, indiquent plusieurs sources proches. Le fonds américain, qui avait raté fin 2013 l’Inseec, repris à l’époque par Apax pour 200 millions d’euros, n’a cette fois pas laissé passer l’occasion.
Studialis dégage un Ebitda de 19 millions d’euros, indiquent des sources financières, qui évoquent un prix d’environ 250 millions. La dette d’acquisition, montée au niveau de Galileo, ferait apparaître un levier supérieur à 5 fois l’Ebitda combiné des deux sociétés. ING, SG CIB, BoI et Mizuho financent le deal.
«Le secteur de l’enseignement supérieur présente une bonne visibilité en matière de cash-flows: les étudiants paient leur année d’étude à l’avance, et s’engagent pour des cycles de plusieurs années», souligne un professionnel de l’investissement. L’enseignement privé post-bac a le vent en poupe, sur fond de chômage des jeunes et de craintes de dévaluation des diplômes universitaires. Le marché français reste très fragmenté et offre des opportunités de consolidation, de nombreuses écoles restant aux mains de personnes physiques. Studialis en a d’ailleurs repris plusieurs ces dernières années, comme le cours Florent.
Le marché du LBO français devrait ralentir au mois d’août. Avant de repartir à la rentrée avec un gros dossier, la cession des hôtels B&B, à laquelle travaille Morgan Stanley. Carlyle, le vendeur, en attendrait un milliard d’euros, un prix «stratosphérique», selon un banquier, et plus digeste pour un groupe hôtelier que pour un fonds. La vente par Airbus de sa filiale de télécommunication par satellite Vizada, qui devait déboucher avant l’été, tarde en revanche à aboutir.
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