Perceva collecte 130 millions d’euros de plus dans le refinancement
Perceva Capital accède à l’indépendance de fait. La structure, fondée par Jean-Louis Grevet, Franck Kelif - des anciens de Butler Capital – et Xavier Lépine en 2007, avait démarré son activité avec un mandat de gestion de 200 millions d’euros, apporté par la seule banque japonaise Nomura. Après avoir volontairement réduit cette enveloppe, Perceva part sur de nouvelles bases en lançant un FCPR de 150 millions, baptisé France Special Situations 1 (FSS 1).
«Avant la crise financière, nous avons évalué avec Nomura le potentiel dans le retournement, à la fois dans l’investissement en fonds propres (dans des opérations de recapitalisation), le rachat de créances douteuses et le rescue financing, c’est-à-dire le prêt aux entreprises en difficulté. Mais fin 2008, nous avons signalé à notre partenaire que les deux dernières activités n’étaient pas prioritaires pour Perceva», explique Jean-Louis Grevet. Nomura a ainsi restreint son enveloppe à 100 millions d’euros.
Mais d’autres investisseurs se sont manifestés. Une occasion que Perceva a saisie d’autant mieux qu’elle ne souhaitait pas dépendre d’un seul apporteur, qui plus est bancaire, étant donné le nouveau contexte réglementaire (Bâle 3). Elle a donc dégagé Nomura de son engagement pour la réintégrer au sein de FSS 1, dans lequel chaque investisseur est considéré pari passu.
Les deux lignes du portefeuille d’origine (Trailor depuis 2008 et Dalloyau depuis 2010) ont été basculées dans le FCPR, qui se retrouve investi à 15%. Les nouveaux arrivants apportent 130 millions d’argent frais. «Sur le marché français du retournement, la surface d’un fonds est adaptée, entre 100 et 200 millions d’euros: il ne peut couvrir plus de dix à douze dossiers par véhicule, car c’est un métier de proximité, et les PME ont des besoins de fonds propres situés entre 5 et 15 millions d’euros», précise Jean-Louis Grevet.
Perceva devrait annoncer trois opérations d’ici au printemps. «Aujourd’hui, les LBO en difficulté ont atteint un stade plus avancé: ils n’ont plus tant besoin de renégocier leur dette avec les banques que de nouveaux actionnaires», signale le dirigeant.
De la quinzaine d’investisseurs, un tiers sont français (dont la Caisse des dépôts), 20% viennent du reste de l’Europe, un tiers sont américains (dont le fonds de fonds Adam Street) et 15% asiatiques (dont Nomura). Aucun family office n’a été retenu, l’argent des institutionnels étant jugé plus «certain».
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