Paris et Londres entérinent l’encadrement des rémunérations variables
L’arrêté transposant la directive européenne «CRD3» relative à l’encadrement des rémunérations variables dans le secteur financier a été publié vendredi au Journal officiel. Dans un communiqué publié dimanche, la ministre de l’Economie Christine Lagarde se félicite de ce texte, «par lequel la France a été le premier pays à mettre en œuvre les règles d’encadrement des bonus des opérateurs de marchés décidées par le G20 de Pittsburgh».
A compter du 1er janvier prochain, les règles du jeu vont changer. Parmi les principales mesures, figure le versement «d’au moins 40% des bonus, et jusqu'à au moins 60% pour les plus hautes rémunérations, de manière différée sur une durée minimale de trois ans», a rappelé Bercy. La moitié de la rémunération variable se fera par ailleurs sous forme d’actions ou d’instruments équivalents.
«L’Autorité de contrôle prudentiel, chargée de veiller au respect de ces règles, voit également renforcé son pouvoir d’imposer une révision de la politique de rémunération des banques si celle-ci n’est pas compatible avec une gestion saine des risques et un objectif de croissance à long terme», a ajouté Christine Lagarde.
Outre-Manche, c’est également vendredi que la FSA, l’autorité britannique des services financiers, a publié sa réforme du code des rémunérations pour prendre en compte l’impact de «CRD3». Face à la grogne des établissements bancaires nationaux, le ministre du Commerce a maintenu la pression ce week-end. «Nous n’allons pas être intimidés», a assuré Vince Cable au Sunday Times, en réaction à la menace brandie par certains établissements de migrer sous des cieux plus cléments.
«Si les banques ne parviennent pas à prendre conscience de leurs responsabilités, le gouvernement a la possibilité de recourir à une certaine forme de taxation», a-il-ajouté dans un entretien à la BBC, sans donner plus de précisions. Selon une étude d’Armstrong International, citée par le Financial Times, les bonus pools devraient toutefois fondre de 20 à 30% dans la plupart des grandes banques d’investissement.
Principales victimes: les responsables exécutifs de milieu de rang, dont la rémunération variable pourrait chuter de moitié. Pour éviter des défections massives, certains prennent les devants. Selon Sky News, RBS tenterait de sécuriser auprès de l’UKFI, son actionnaire majoritaire, une limite de 50.000 livres pour les bonus en cash.
Plus d'articles du même thème
-
Cedrus & Partners associe ses collaborateurs
L’entreprise d’investissement détenue depuis cette année par la Carac compte vingt nouveaux associés, soit environ 70 % des effectifs. -
Corentine Poilvet-Clédiere (LSEG Group) : «Le grand moment de l’extension de la compensation du repo aux institutionnels approche»
La directrice générale de LCH SA (depuis 2023) et responsable de London Stock Exchange Group en France (depuis 2025) détaille pour L’Agefi les grands chantiers de l’opérateur dans l’Hexagone. -
VettaFi acquiert un indice spécialisé sur la défense
Il s'agit du plus ancien indice présent sur le secteur.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
Contenu de nos partenaires
-
Le luxe s'engage pour Octobre Rose
Chaque automne, le ruban rose gagne les vitrines, les cartes et les hôtels, les maisons rivalisent d'idées pour soutenir les associations qui luttent contre le cancer du sein. Tour d'horizon des initiatives qui donnent du sens à la couleur. -
Laboratoire à idéesUn « indice d'acceptabilité citoyenne » : l'Institut Montaigne entre en campagne
Le think tank vient de publier une vingtaine de notes thématiques et entend participer activement aux débats de la présidentielle -
Faut-il parler de « guerre hybride » entre la Russie et l'Europe ?
Experts et responsables préfèrent souvent évoquer une « guerre de l’ombre » ou des « actes hostiles » pour qualifier la campagne de Moscou contre les alliés de l’Ukraine.