Natixis vise une croissance annuelle de plus de 30 % dans les métiers de dette
Natixis se met au diapason du marché. La banque de financement et d’investissement (BFI) du groupe vient de rassembler au sein d’une plate-forme de dette ses équipes dédiées au primaire obligataire, à la syndication de crédit et à la gestion de l’actif-passif et du capital (ALCM), c’est-à-dire la titrisation au sens large. Soit une centaine de collaborateurs, répartis aux deux tiers en Europe, à 20% aux Etats-Unis et le solde dans le reste du monde.
Alain Gallois prend la responsabilité de la plate-forme dette. Olivier Gaudez continue à diriger la syndication de prêt et Laurent Lagorsse le syndicat obligataire, tandis que Jeff Knowles et Carl Roberts pilotent les deux plates-formes américaines et asiatiques. Dans la division ALCM, Julien Philippon est en charge des credit solutions, Jean-Baptiste Thiery des institutions financières, et le tandem Thierry Berthold/ Nicolas Mérigot du secteur de l’assurance.
«Nous prévoyons d’accroître de l’ordre de 25% l’effectif de la plate-forme dans les deux ans, précise Alain Gallois. Et nous tablons sur une croissance de plus de 30% par an de nos revenus, tirée par notre développement aux Etats-Unis, en Asie, et sur le métier de la titrisation, une classe d’actifs que les émetteurs regardent à nouveau avec attention à condition qu’elle soit bien structurée et transparente».
L’objectif de la nouvelle organisation est évident: les banquiers ne doivent plus vendre un produit mais répondre aux besoins du client, nouveau mot d’ordre des BFI. Avec un seul point d’entrée pour tous les produits de dette ou de capital non dilutif. Une approche déjà adoptée par des concurrents comme SG CIB ou Barclays Capital, mais dont Natixis estime avoir poussé la logique au niveau mondial. La plate-forme comprend aussi une cellule de rating advisory, qui permet d’évaluer l’impact d’une opération pour un émetteur sur sa notation cible.
La fusion des équipes ne joue pas seulement vis-à-vis des émetteurs. «Au niveau du syndicat de distribution, il y a aussi une logique à rapprocher le financement LBO et le high yield, poursuit Alain Gallois. Sur chaque opération, une frange de plus en plus nombreuse d’investisseurs achète à la fois des parts de prêts (loans) et des obligations à haut rendement, ou arbitre les deux». Le financement cet automne du rachat de la chaîne de surgelés Picard, à la fois par dette bancaire et par obligations high yield, en offre un exemple frappant.
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