Natixis poursuit le rééquilibrage de ses activités en faveur de l'épargne
Un trimestre maussade dans la banque d’investissement, des performances brillantes pour le pôle épargne. Les résultats trimestriels de Natixis publiés après Bourse ont contribué au rééquilibrage en cours du business model de la banque, en faveur de la gestion d’actifs et de l’assurance. La filiale de BPCE en a fait l’un des axes majeurs de son plan stratégique 2013-2017: à l’horizon du plan, le capital alloué à la gestion d’actifs et à l’assurance doit passer de 29% à 37%, tandis que celui de la banque de grande clientèle (BGC), la BFI du groupe, reculerait de 58% à 50%.
«La montée en puissance du pôle épargne est importante», a souligné hier Laurent Mignon, directeur général de Natixis. Son produit net bancaire a progressé de 16% sur un an à 689 millions d’euros au troisième trimestre, dépassant celui de la BGC, à 674 millions. Sur neuf mois, les revenus du pôle épargne (2,05 milliards) talonnent ceux de la banque de gros (2,16 milliards), alors que l’écart entre les deux atteignait 450 millions l’an dernier à la même époque. En termes de résultat avant impôt, la BGC devance encore l’épargne (768 millions contre 594 millions sur neuf mois), mais l’écart, là aussi, s’est resserré, de 100 millions.
En gestion d’actifs, Natixis a franchi un cap avec 708 milliards d’euros d’encours à fin septembre, en hausse de 79 milliards depuis le début de l’année. Au troisième trimestre, la collecte nette y a atteint 6,6 milliards, pour des effets change et périmètre de 23,8 milliards et un effet marché négatif de 1,9 milliard. Dans la banque privée, la collecte est passée de 500 millions à 1,2 milliard sur neuf mois entre 2013 et 2014. Enfin, dans l’assurance, Natixis a vocation à grossir: BPCE et CNP ont signé hier un protocole d’accord reprenant les modalités de leur nouveau partenariat, qui conduira la banque à fabriquer l’assurance vie des Caisses d’Epargne dès le 1er janvier 2016. L’accord définitif sera scellé au premier trimestre 2015.
Ces performances contrastent avec la baisse de 9% des revenus de la BGC sur ce trimestre, particulièrement nette (-16%) dans les activités de marché. Les dirigeants du groupe évoquent un troisième trimestre 2013 très favorable. Mais aussi l’impact sur la trésorerie du nouveau ratio de liquidité à 30 jours, qui force les banques à acheter des actifs liquides et peu rémunérateurs. «Nous sommes passés à un niveau de LCR de 100% au 1er janvier, ce qui pèse sur les performances de l’activité trésorerie», a expliqué Laurent Mignon.
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