Motion Equity Partners et Bpifrance engagent leur sortie de Tokheim
Présent depuis dix ans au capital du fabricant de pompes à essence Tokheim, le fonds Motion Equity Partners, actionnaire à 66% aux côtés de Bpifrance (24%) et des dirigeants (10%), engage sa sortie de la société. L’entreprise industrielle française va céder au groupe américain Dover ses activités d’équipements de distribution (dispensers) et les systèmes associés (mesure, paiement) pour ne conserver que son troisième métier, les services, c’est-à-dire la maintenance des pompes. Les activités vendues représentent le gros de ses 640 millions d’euros de chiffre d’affaires. Au dernier tour, Dover l’a emporté au cœur de l’été face à son compatriote Wayne.
Le prix de vente atteint 425 millions d’euros dette comprise. De sources proches du dossier, il valoriserait les deux activités à près de 7,5 fois l’Ebitda. La partie dispensers est la plus importante, avec un Ebitda de 41 millions d’euros.
Lazard, qui a dirigé le processus de vente lancé fin avril, n’a proposé le dossier qu’à des groupes industriels, jugés mieux à-même de valoriser la société. Une cession en bloc a vite été écartée. «Tokheim a un business model très singulier dans l’industrie puisqu’il couvre l’ensemble des métiers, alors que ses concurrents sont présents uniquement sur les dispensers, ou sur les dispensers et systèmes», souligne Patrick Eisenchteter, managing partner de Motion Equity Partners. L’activité de maintenance des pompes, gourmande en effectifs, n’intéresse pas les groupes américains, qui la sous-traitent.
Cette division services a cependant vocation à être cédée, une fois ses liens commerciaux consolidés. Motion Equity Partners devrait se saisir du sujet après le bouclage de la vente des dispensers et systèmes, prévu au premier trimestre 2016.
Bpifrance solde ainsi en partie un dossier hérité du Fonds stratégique d’investissement. Celui-ci avait injecté 50 millions d’euros de fonds propres dans la société en juin 2012 pour prendre près d’un quart du capital. En parallèle, Tokheim avait monté une nouvelle dette de près de 180 millions d’euros, ligne de capex incluse. Une opération réalisée après que MEP eut renoncé en 2011 à vendre la société à des fonds, faute d’offres assez alléchantes.
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