Morgan Stanley souffre de la baisse des volumes de courtage

Redevenue bénéficiaire, la banque américaine enregistre une chute de 37% en un an de ses revenus sur les marchés
Alexandre Garabedian
Le siège de Morgan Stanley à New York (Najlah Feanny/REA)
Le siège de Morgan Stanley à New York (Najlah Feanny/REA)  - 

Morgan Stanley est revenu dans le vert au deuxième trimestre, mais il s’agit là d’un des rares signaux positifs envoyés par la banque américaine. Celle-ci a souffert plus que ses concurrentes de la baisse des volumes de trading et d’opérations financières entre avril et juin, avec une chute de 37% en un an des revenus de son pôle de banque d’investissement, à 3,2 milliards de dollars. Des performances inférieures aux attentes des analystes et qui ont conduit l’action à ouvrir en baisse à Wall Street.

Dans les métiers de taux et de matières premières, les revenus de 770 millions sur le trimestre se comparent à 1,9 milliard il y a un an. Morgan Stanley a notamment été pénalisé par la perspective de la dégradation de sa note chez Moody’s, concrétisée le 22 juin par un abaissement de deux crans. Cette décision a obligé la banque à apporter davantage de collatéral auprès de ses contreparties dans ses activités de dérivés de taux, dont elle est un des leaders mondiaux: 2,9 milliards de dollars en juin et encore 800 millions en juillet.

En attendant la décision de Moody’s, les clients sont restés sur le qui-vive. «Nous avons vraiment vu, en particulier courant juin, les clients se mettre en mode d’attente car on ne savait pas ce que Moody’s déciderait, expliquait hier Ruth Porat, la directrice financière du groupe. Avoir l’horizon désormais dégagé est une très bonne chose.»

La baisse des volumes a aussi pénalisé les autres lignes métiers. Dans le courtage actions, le repli atteint 36%. Même baisse des revenus (34%) sur le primaire dette et actions, où Morgan Stanley s’est illustré en dirigeant l’introduction en Bourse controversée de Facebook. Ceux des activités de conseil ont été divisés par deux.

La banque privée et la gestion d’actifs ont elles aussi connu des contractions de leur chiffre d’affaires. La première voit cependant sa contribution au résultat avant impôt augmenter de 24%, à 393 millions (42% du total), alors que l’apport de l’asset management a été divisé par quatre à 43 millions.

L’embellie enregistrée au premier trimestre aura donc été de courte durée. Ces résultats sans relief ne manqueront pas de relancer les questions rituelles sur le modèle économique des grands courtiers de Wall Street post-Lehman. Avec ses 591 millions de résultat net ce trimestre, Morgan Stanley n’a dégagé qu’une rentabilité sur fonds propres de 3,5%.

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