Morgan Stanley profite à plein des effets comptables
Comme ses concurrents JPMorgan, Citibank et Bank of America, Morgan Stanley a profité de gains comptables liés à l’évolution du spread de sa propre dette par rapport aux Treasuries américains, pour afficher des comptes trimestriels flatteurs. Mais l’avantage comptable que la banque a retiré du fameux «DVA» (debt valuation adjustment) est sans commune mesure avec celui dont ont bénéficié ses compatriotes.
Morgan Stanley a ainsi engrangé un revenu de 3,4 milliards de dollars grâce au DVA, ce qui lui permet d’afficher des revenus de 9,9 milliards et un résultat net de 2,17 milliards de dollars. A titre de comparaison, le gain de JPMorgan lié au DVA a atteint 1,9 milliard. Sans cet élément exceptionnel, Morgan Stanley ne serait bénéficiaire que de 37 millions, soit une chute de 88% par rapport au troisième trimestre 2010.
La division «institutional securities» (qui réunit le trading et la banque d’investissement) voit ses revenus bondir de 123% (à 6,45 milliards de dollars) et son bénéfice imposable atteindre un montant 14 fois supérieur (à 3,4 milliards). Les revenus de trading sur les marchés de taux (3,9 milliards) reculeraient de 42% sans les 2,8 milliards de dollars de DVA. Même remarque pour le trading actions, qui bénéficie d’un effet comptable de 620 millions. Sans lui, ses ventes seraient en recul de 24%, à 1,38 milliard.
La banque d’investissement est également à la peine: la progression de 11% de ses activités de conseil (à 413 millions de dollars) ne peut compenser le recul de 29% des commissions d’arrangement tirées des émissions primaires sur les marchés (à 451 millions).
Pour corser l’addition, Morgan Stanley a réalisé des moins-values importantes dans ses investissements directs (capital-investissement et immobilier), logés dans la gestion d’actifs. Elles sont la cause de la chute de revenus de 73% (à 215 millions) et de la perte avant impôt de 117 millions de dollars affichées par cette division.
Parmi les motifs de satisfaction, la gestion de fortune voit son bénéfice imposable progresser de 29% (à 362 millions). Morgan Stanley a également rassuré les investisseurs sur son niveau d’exposition aux GIIPS (Grèce, Irlande, Italie, Portugal et Espagne) et à la France, qui nourrissait leur inquiétude. Son exposition nette aux premiers atteint 2,1 milliards de dollars (toutes contreparties confondues) et est négative de 286 millions vis-à-vis de l’Hexagone.
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