Matignon propose un fonds européen de capital risque pour les entreprises innovantes
La France va se tourner vers l’Europe pour susciter des étincelles de croissance, faute de pouvoir engager seule des dépenses publiques supplémentaires. «Au sein de l’Union européenne, la France proposera la création d’un fonds européen de capital risque en faveur des entreprises innovantes, ainsi qu’un fonds européen de brevets pour valoriser les résultats de la recherche», a déclaré hier le Premier ministre à l’occasion de son discours de politique générale. «Nous avons le devoir d’offrir à nos entreprises des financements de long terme pour soutenir leur développement», a justifié François Fillon.
«Cette déclaration est très positive. Elle démontre une prise de conscience du pouvoir politique sur le besoin de financement de l’innovation à un moment où des risques pèsent en la matière», a réagi un porte-parole de l’Afic (Association française des investisseurs en capital).
Ce nouveau mécanisme, qui devra s’inscrire dans un cadre déjà existant (avec notamment le Fonds européen d’investissement), est mis en avant au moment même où le Sénat se penche dans le cadre de l’examen du projet de loi de Finances 2011 sur la réforme du statut de jeune entreprise innovante (article 78). Une refonte qui se justifie aux yeux de l’exécutif par «l’amplification du soutien à l’innovation mise en œuvre avec la réforme du crédit d’impôt recherche (CIR), intervenue au 1er janvier 2008 et qui bénéficie désormais à hauteur d’environ 800 millions d’euros aux PME indépendantes (…)». François Fillon estime ainsi avoir «déjà fait beaucoup, avec le crédit d’impôt recherche et la réforme de la taxe professionnelle». Le CIR vient toutefois de faire l’objet d’un coup de rabot au Sénat.
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