Le CME et Royal Mint, filiale du Trésor britannique, vont proposer dès 2017 une plate-forme d’échange d’or utilisant la blockchain.
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Bastien Bouchaud
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Alors que le consortium R3, formé par des institutions bancaires pour développer l’usage de la blockchain, se délite, des initiatives indépendantes voient le jour. Dernières en date: le CME, qui détient notamment les Bourses de Chicago et le Nymex, s’est associé avec la filiale du Trésor britannique chargée de la frappe de la monnaie, Royal Mint, pour proposer en 2017 une plate-forme d’échange d’or basée sur la blockchain, ont annoncé hier les deux sociétés. L’or physique sera stocké sous forme de lingots au sein de la chambre forte de Royal Mint, qui émettra en échange des certificats de propriété électroniques «Royal Mint Gold» (RMG). Ceux-ci seront enregistrés et échangés via une blockchain (la technologie utilisée par la monnaie virtuelle bitcoin) développée et opérée par le CME.
«Une alternative plus simple»
«Ce nouveau service fournira une alternative plus simple, aux faibles coûts d’utilisation et sécurisée via des procédés cryptographiques, à l’achat, la détention et l’échange d’or comptant», se félicitent les deux sociétés dans un communiqué commun. La plate-forme fonctionnera 24 heures sur 24, 365 jours par an, sans frais de stockage associés à la détention de RMG, dont la conversion en or physique sera possible via Royal Mint. Un montant initial de RMG équivalant à un milliard de dollars (944 millions d’euros) d’or est prévu lors du lancement, chaque RMG correspondant à 1 gramme d’or, soit environ 40 euros aux prix du marché. Les certificats digitaux seront accessibles aux investisseurs institutionnels et particuliers via leurs gestionnaires d’investissement.
«Alors que le commerce de l’or s’est amélioré au cours des siècles, nous pensons qu’il reste difficile et relativement coûteux d’investir sur ce marché, explique David Janczewski, directeur des activités nouvelles chez Royal Mint. L’or est considéré comme un investissement au rendement négatif dans l’industrie. Ce que nous essayons de faire avec les Royal Mint Gold, c’est de vraiment s’attaquer à ce problème et d’offrir une meilleure manière d’investir dans de l’or solide digital.»
Si le CME assure avoir sélectionné la blockchain pour ses propriétés en concertation avec Royal Mint, l’opérateur boursier ne cache pas ses ambitions. «Alors que nous continuons à nous étendre et à développer de nouveaux produits, cette plate-forme participera à la mise en place de standards pour les actifs digitaux dans les marchés financiers», avance ainsi Julie Winkler, managing director chez CME Group.
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