L’innovation technologique fait bondir les investissements du capital-risque
Le capital-risque est friand des innovations technologiques françaises. Avec 234 millions d’euros, soit 28% des montants levés sur le premier semestre, c’est peu dire que le secteur a dopé les investissements du «venture capital», qui se sont inscrits en hausse de 70% sur la première partie de l’année en France, à 759 millions. «Les gros tickets ont été concentrés principalement dans le secteur de la technologie», décrypte Frank Sebag, associé chez EY.
A la première place du podium du baromètre EY, la start-up SigFox spécialisée dans les objets connectés a ainsi levé 100 millions d’euros en février. Au sein du «top 5» figurent aussi Aledia, qui développe et fabrique des Led 3D nouvelle génération, et le fabricant d’audio haut de gamme Devialet, avec des collectes de fonds respectives de 28 et 25 millions d’euros. Au total, les 15 opérations listées par EY dans le secteur font ressortir un montant moyen de 15,6 millions d’euros, contre 3,1 millions au total.
Alors que les investissements du capital-risque français s’étaient effrités en 2014, en passant de 973 à 897 millions d’euros, ce premier semestre suscite l’optimisme. «2015 devrait bel et bien être une année de référence (…), confirmant ainsi la place de l’écosystème français sur la scène internationale», s’enthousiasme Frank Sebag. Outre le secteur technologique, les investissements dans le numérique (services internet, logiciels) ont grimpé de 50%, à 304 millions d’euros.
«L’autre nouveauté du semestre, c’est l’entrée remarquée dans le top 5 sectoriel de la Fintech, avec 56 millions d’euros levés en 10 opérations», note Frank Sebag. Deuxième plus grosse opération derrière Sigfox, Prêt d’Union a ainsi récolté 31 millions d’euros à la fin du semestre. La plate-forme de crédit entre particuliers a attiré pour l’occasion deux nouveaux investisseurs, Eurazeo Croissance et Kernel Investissements, la holding de Pierre Kosciusko-Morizet et Pierre Krings, ex-PriceMinister.
Malgré ce bon semestre, la France demeure à bonne distance de ses voisins européens en termes de montants investis. «Les tours de financement supérieurs à 100 millions d’euros ont été cinq fois supérieurs au Royaume-Uni et en Allemagne ce semestre», souligne ainsi EY. Deuxième avec 22% du nombre d’opérations, la France n’est ainsi que troisième avec 13% des montants levés, contre respectivement 27% et 25% pour le Royaume-Uni et l’Allemagne.
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