L’immobilier d’entreprise francilien continue à attirer les investisseurs
L’attractivité de la capitale ne se dément pas pour les investisseurs. Avec 5,6 milliards d’euros engagés au troisième trimestre, Paris affiche une progression de 6% par rapport à la même date l’an dernier, à 12,4 milliards d’euros d’investissements, révèlent les chiffres d’Immostat publiés vendredi. La fin de l’année ne devrait toutefois pas permettre de battre les plus de 8.500 milliards d’euros d’engagements enregistrés sur les trois derniers mois de 2015, et le montant des investissements en 2016 devrait finir en léger recul, entre 18 et 20 milliards d’euros, estime JLL.
«Le marché francilien de l’investissement a un problème de riche, la demande y est plus forte que l’offre», explique Virginie Houzé, directrice de la recherche chez JLL. «Les volumes d’investissements y sont conditionnés par l’offre.»
La demande continuera à être soutenue, du fait notamment du contexte de taux bas persistant, tandis que l’offre sera aidée par la fin programmée de la convention fiscale avec le Luxembourg, qui devrait entraîner la mise sur le marché de certains actifs. Les taux de rendements continuent eux à se tasser, avec un point bas de 3% dans le quartier central des affaires, et à 4,25% à La Défense, des niveaux historiquement bas.
Virginie Houzé ne craint pas pour autant l’émergence d’une bulle. «Le marché de l’investissement a certes vu ses taux de rendement baisser, mais ils restent élevés par rapport à notre point de référence obligataire», précise-t-elle. La prime de risque, calculée par rapport au taux d’intérêt des OAT à 10 ans, reste en effet importante, autour de 290 points de base. «Des marges de manœuvre demeurent au niveau de la prime de risque alors que les loyers se redressent, ce qui montre que la demande locative est dynamique.»
Le taux de vacance s’effondre ainsi dans Paris, avec des minimums sous les 3% dans certains quartiers. «Il y a un assèchement de l’offre de bureaux dans Paris, la situation devient très tendue», explique Virginie Houzé. Cela devrait profiter à la première couronne grâce à un report de la demande. Un mouvement également perceptible chez les investisseurs, poussés hors de Paris à la recherche de diversification et de rendements. Les investissements en logistique ont ainsi plus que doublé par rapport à l’année dernière, tandis que pour les bureaux, «les investisseurs n’hésitent plus à aller sur des produits à travailler ou sur du développement en blanc».
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