Les valeurs bancaires font plier le fonds souverain norvégien
Le fonds de pension souverain norvégien n’a pas eu la main heureuse sur les marchés actions au deuxième trimestre 2012. Cette poche d’actifs, qui représentent 60% des sommes sous gestion, affiche un retour négatif de 4,6%, et explique la contre-performance du fonds de -2,2% entre le 31 mars et le 30 juin 2012. Au total, la perte de valeur des actifs investis par le fonds s’élève à 77 milliards de couronnes norvégiennes (un peu plus de 10 milliards d’euros). Avec les flux de capitaux entrants provenant des revenus pétroliers du pays, la valeur totale du fonds monte néanmoins à environ 462 milliards d’euros, contre 454 milliards trois mois auparavant.
Le fonds a notamment été pénalisé par sa ligne d’actions Barclays, emportée par le scandale du Libor, et plus généralement par son exposition au secteur financier. Les valeurs bancaires qui représentent 21% de ses investissements en actions, la plus forte proportion devant les biens de consommation (13%), ont accusé une chute de valeur de 6,1% au deuxième trimestre. Le fonds souverain a également souffert dans les matières premières (-9,7%), le pétrole et le gaz (-6,9%), mais aussi dans la technologie (-7,5%). Il a notamment souscrit mi-mai à l’introduction en Bourse de Facebook, dont le cours de bourse a perdu 18% entre son entrée au Nasdaq et la fin juin. Il détient 0,1% du capital du site internet.
En revanche, le fonds géré par Norges Bank, la banque centrale norvégienne, a tiré son épingle du jeu sur le compartiment obligataire (40,1% de ses actifs), avec un gain de 1,5% au deuxième trimestre, dont 2,9% rien que pour les obligations souveraines. Il a continué à réduire son exposition aux pays de la zone euro les plus en difficulté (Espagne et Italie) mais a également vendu des titres français et britanniques. Déjà totalement sorti de Grèce, du Portugal ou d’Irlande, le fonds ne détient plus qu’environ 5 milliards d’euros de dettes espagnoles et italiennes. Il possède un peu plus de 9 milliards d’obligations souveraines françaises, soit la quatrième ligne de son portefeuille. Et s’il détient des titres au rendement négatif, comme des obligations suisses, le fonds s’en satisfait, préférant ces actifs sûrs plutôt que de placer ses liquidités en banque.
A terme, le fonds compte porter sa part en actions à 60% afin de réduire sa poche obligataire à 35% et laisser de la place pour accroître ses investissements dans l’immobilier, segment sur lequel il s’est récemment illustré en France.
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