Les très grandes fusions voient leur avenir compromis dans la pharmacie

La capacité des seize plus grands groupes mondiaux du secteur à financer des acquisitions a diminué de 23% en six ans, selon le cabinet Ernst & Young
Yves-Marc Le Reour

Confrontés à l’expiration d’un nombre important de brevets, les seize premiers groupes pharmaceutiques mondiaux éprouvent des difficultés grandissantes à trouver des relais de croissance, montre une étude tout juste publiée par Ernst & Young. Visible depuis 2010, l’écart entre la progression de leurs ventes et celle du marché pharmaceutique mondial devrait doubler en 3 ans pour atteindre 100 milliards de dollars à l’horizon 2015, sur un marché évalué à plus de 1.100 milliards à cette échéance.

La croissance externe ne suffira pas à remédier à ce problème, étant donné que «les pressions sur le prix des médicaments pèsent sur le cash-flow opérationnel des grands laboratoires généralistes». Comme ces groupes ont accru leur endettement pour conserver une politique de rémunération attrayante vis-à-vis des actionnaires, leur capacité à financer des acquisitions sur leur trésorerie ou par la dette a diminué de 23% entre 2006 et 2012, selon les calculs du cabinet de conseil. Ces grands laboratoires «seront à l’avenir encore plus sélectifs sur leurs cibles», commente Glen Giovannetti, responsable mondial du secteur des sciences de la vie d’Ernst & Young.

A contrario, les onze plus importantes sociétés de biotechnologie, essentiellement américaines, ont enregistré sur cette période «une hausse impressionnante de 61% de leur force de frappe financière», tandis que des laboratoires plus spécialisés (une quinzaine en incluant des fabricants de génériques) ont vu leurs ressources croître de 20%. Les deux catégories d’intervenants ont représenté 41% de la valeur des transactions entre 2010 et 2012, contre 14% entre 2007 et 2009. Cette concurrence exacerbée «devrait déboucher sur une hausse des primes de valorisation pour des opérations comprises entre 5 et 20 milliards de dollars», au détriment des transactions de plus de 60 milliards.

Moins propice aux «mégafusions», ce nouveau contexte favorisera en revanche la cession d’activités sous-performantes ou non-stratégiques qui devraient attirer des investisseurs industriels ou financiers. On peut également s’attendre à une hausse des transactions vers les pays émergents, notamment de la part des groupes américains. Les craintes d’une hausse de la fiscalité outre-Atlantique pourraient en effet inciter ceux-ci «à puiser dans leur trésorerie déposée sur des comptes ‘offshore’ pour prendre le contrôle de sociétés non américaines».

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