Les soupçons de manipulation des taux Libor refont surface
UBS remet au goût du jour les soupçons de manipulation des taux Libor. Dans son rapport annuel 2010 publié hier, la banque suisse a révélé avoir reçu des assignations de la part du département américain de la justice, de la SEC et du régulateur des dérivés, la CFTC. L’enquête doit établir «si UBS a cherché à certains moments à manipuler, seul ou avec d’autres acteurs, les taux Libor», indique le groupe, sans préciser à quelle période les faits auraient pu se dérouler. Le gendarme des marchés japonais, la FSA, a également demandé des renseignements à UBS.
Le mode de fixation des taux Libor, qui servent de référence à quantité de produits dérivés et de prêts, défraye régulièrement la chronique. En mars 2008, un rapport trimestriel de la Banque des règlements internationaux n’excluait pas que les taux puissent faire l’objet de «mauvaise représentation». Publiés chaque jour par la British Bankers’ Association, ils agrègent en effet les déclarations d’un panel de banques: sans correspondre à des transactions réelles, ils sont censés refléter les conditions auxquelles les membres du panel s’attendent à emprunter une «quantité raisonnable» sur le marché. La crise financière a pu pousser certaines banques à minorer ces conditions de financement afin de cacher au marché leur difficulté à trouver de la liquidité.
«Ce qui arrive à UBS est un très bon rappel à l’ordre qui doit pousser les banques à être plus cohérentes dans leurs contributions, jugeait hier un banquier. Certains établissements peuvent être tentés d’enjoliver les choses, même si les conditions de liquidité sont aujourd’hui meilleures pour la plupart des emprunteurs».
Cette limite méthodologique – des taux théoriques, qui ne tiennent pas compte du spread bid/ask – est depuis longtemps pointée par certains intervenants du marché monétaire. L’élimination des deux quartiles de contributions les plus et moins élevées permet de limiter les biais éventuels des déclarants. En réponse aux critiques, la BBA, qui s’est fendue hier d’un communiqué défendant l’intégrité de l’indicateur, vient d’élargir le nombre de contributeurs au Libor dollar de 16 à 20 membres, avec davantage de banques non anglo-saxonnes (L’Agefi du 31 janvier). Ce qui n’empêche pas le comité directeur de l’Euribor de plancher depuis plusieurs mois sur un indice dollar. Basé quant à lui sur les taux offerts sur le marché, il concurrencerait le Libor.
Plus d'articles du même thème
-
Le mois de juin, véritable crash test de la réforme de la facturation électronique
Selon le baromètre Generix, près de 9 entreprises sur 10 considèrent ainsi qu’elles seront certainement ou probablement prêtes au 1er septembre 2026. Seules 10,5% déclarent encore qu’elles ne seront pas sur la ligne de départ. -
L’émission inaugurale de HelloFresh baisse dans les premiers échanges
L’obligation émise par le spécialiste des repas livrés à domicile chute sur le marché secondaire après avoir reçu une faible demande. Les investisseurs se montrent de plus en plus prudents. -
Carlsberg prépare la mise en Bourse de sa filiale indienne
L’opération, réalisée sous forme confidentielle, pourrait s’élever à 700 millions de dollars en incluant la cession de titres existants.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Contenu de nos partenaires
-
TribuneIA dans la banque : le grand saut — par Niccolo Ubertalli
Alors que la banque mondiale mise sur l’IA générative pour révolutionner ses services, la France accuse un retard stratégique inquiétant face aux géants américains et asiatiques -
Repas à un euro pour tous les étudiants : mal budgétisée, la réforme « met en danger les Crous »
Depuis début mai, tous les étudiants peuvent bénéficier du repas à 1 euro au Crous. Une mesure populaire, mais aux effets contre-productifs, selon un rapport parlementaire porté par le député Charles Sitzenstuhl -
A grands fraisL'effet boule de neige peut-il emporter la dette française ?
La France peut-elle perdre la maîtrise de sa dette ? La question est de plus en plus brûlante, au point qu’un député RN a décidé de consacrer un rapport à « l’effet boule de neige ».