Les rendements européens effacent leur récente poussée de fièvre
La Banque centrale européenne a permis de limiter l’effet Trump sur les rendements européens. Après s’être tendu à près de 0,4% mi-décembre, le rendement du Bund allemand à 10 ans est repassé hier sous 0,2%, à la suite de l’annonce par la BCE le 8 décembre de la prolongation de son programme de rachats d’obligations d’Etat au moins jusqu’à la fin de l’année 2017, à un rythme néanmoins réduit à 60 milliards d’euros par mois à partir d’avril. Le rendement du Bund ne dépasse plus que de 6 pb son niveau de novembre avant l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, tout en profitant de l’amélioration des perspectives mondiales.
Sa hausse sur la période est ainsi inférieure non seulement à celle de 77 pb affichée par le rendement des Treasuries américains 10 ans, mais aussi à celle de 15 pb subie par le rendement des obligations d’Etat japonaises de même maturité. Dans ce contexte, le spread entre le rendement du Bund et celui des Treasuries à 10 ans ne cesse de battre ses records historiques pour atteindre un niveau de 235 pb hier, ce qui a permis de faire reculer l’euro sous le seuil de 1,05 face au dollar. Malgré la baisse du spread avec les JGB japonais et le statu quo décidé par la BoJ en début de semaine, le taux de change de l’euro s’est néanmoins apprécié de 7% face au yen depuis le début du mois de novembre.
Les annonces de la BCE ont certes fait reculer le rendement du Schatz à 2 ans, mais moins que le Bund, avec un léger aplatissement de la courbe. «La politique de la BCE devrait permettre au taux 2 ans de rester stable entre -0,75% et -1%, alors que l’évolution de la partie longue dépendra de la prime de risque, et de l’amélioration des anticipations d’inflation», estime ING.
Ce mouvement de détente intervient malgré une montée du risque politique. L’écart de rendement avec l’OAT à 10 ans s’est écarté de 6 pb depuis 3 semaines pour atteindre 47 pb, et d’environ 10 pb avec les rendements italiens (BTP) et espagnols, sans pour autant revenir sur leur plus haut de fin novembre. «La hausse des émissions de titres d’Etat sur 2017 et une possible élection législative surprise en Italie au deuxième trimestre, juste après les élections présidentielles en France, forment un dangereux cocktail pour le spread BTP/Bund malgré la protection offerte par la prolongation des rachats de la BCE», alerte ING.
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