Les pays développés doivent s’habituer à un monde sans inflation
Le monde doit-il s’habituer à un monde sans inflation ? Dans une note publiée par la Société Générale intitulée Un monde sans inflation, la théorie d’une inflation durablement basse (en-dessous de l’objectif de 2% de la plupart des pays développés) est soutenue, malgré les plans multiples d’assouplissements quantitatifs passés ou en cours.
La note développe quatre motifs qui empêcheraient l’inflation de repartir à la hausse. D’abord celle de la mondialisation et des nouvelles technologies, exerçant une pression à la baisse sur les prix. La deuxième tient à la «trappe à liquidités» dans laquelle les économies sont tombées depuis 2008, causée par les taux d’intérêts zéro. «Lorsqu’une économie bascule dans une trappe à liquidité, le lien entre la masse monétaire et le PIB nominal se rompt (autrement dit, la théorie quantitative de la monnaie ne se vérifie plus), car le secteur privé préfère thésauriser plutôt que dépenser», détaille la note.
La troisième raison est liée à l’absence de perspective de hausse des prix et des salaires. Les réformes structurelles menées dans la plupart des Etats par la flexibilité du marché du travail notamment n’amènent pas à anticiper une hausse des salaires. C’est pourtant «le premier vecteur d’une inflation soutenue», explique la banque. Enfin, la note s’inquiète du risque qu’«un cercle vicieux de faiblesse économique autoalimentée s’installe», lié au fait qu’une inflation faible augmente le poids de la dette réelle et affaiblit la demande globale.
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