Les fusions transfrontalières atteignent un niveau inégalé depuis 2007
Le millésime 2014 s’annonce excellent pour les fusions et acquisitions transfrontalières. Depuis le début de l’année, la valeur de ce type de transactions a atteint 1.245 milliards de dollars (1.012 milliards d’euros) à l’échelle mondiale, un niveau inégalé depuis le record historique de 2007, montrent les dernières statistiques de Thomson Reuters arrêtées au 2 décembre.
Cette activité a été tirée par les opérations d’un montant supérieur à 5 milliards de dollars qui ont représenté 38% du total, au plus haut depuis l’année 1999 où ce pourcentage avait culminé à 49% au cours de la même période. Sur des transactions totalisant 366 milliards de dollars annoncées dans le secteur de la santé (+80% par rapport à 2013), une proportion de 54% a concerné des opérations transfrontalières de plus de 5 milliards de dollars.
«La faible croissance organique de nombreux marchés matures incite de nombreux groupes occidentaux à accélérer leurs acquisitions vers les pays émergents, tandis que d’autres choisissent de céder des actifs pour se recentrer sur un nombre limité d’activités où ils disposent d’une taille critique» commente Eric Lasry, associé du département M&A au cabinet d’avocats Baker & McKenzie. «Ces mouvements engendrent des opportunités pour les fonds d’investissement à la recherche d’effet de levier ou pour des concurrents en quête de synergies», ajoute-t-il.
Plus d’un tiers des 780 milliards de dollars de transactions annoncées en Europe depuis le 1er janvier dernier proviennent d’investisseurs situés en dehors de la région. Le dernier exemple en date concerne la cession, pour 3,1 milliards de dollars, des activités espagnoles et portugaises de l’énergéticien allemand E.ON à l’australien Macquarie associé au fonds souverain koweïtien Wren House Infrastructure Management (cf. tableau).
Selon Eric Lasry, le durcissement réglementaire et législatif à l’œuvre aux Etats-Unis concernant le mécanisme d’inversion fiscale «ne devrait pas avoir d’effet négatif sur les opérations transfrontalières de taille importante, qui sont principalement motivées par des logiques stratégiques et industrielles de long terme». Outre la faiblesse des taux d’intérêt, propice au financement des transactions, les bilans assainis des entreprises et l’abondance des liquidités à employer militent également en faveur d’une année 2015 bien orientée pour les fusions transfrontalières de grande envergure.
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