Les fonds «zombies» du private equity cumulent 116 milliards de dollars
La prudence des investisseurs n’est pas seule en cause. Dans le capital-investissement, la lenteur des levées de fonds actuelles tient sans doute aussi aux fonds «zombies». Selon le cabinet Preqin, «116 milliards de dollars (88 milliards d’euros) d’actifs du private equity sont coincés dans des fonds au-delà de leur période de détention normale». Au total, «environ 1.200 fonds de private equity peuvent être considérés comme des fonds zombies».
Dans ces derniers, «le gestionnaire est assis sur ses actifs au-delà de la période de détention attendue et n’a pas l’intention de faire d’autres investissements et de lever un nouveau fonds, tout en continuant à collecter les commissions de gestion de ses investisseurs», explique Preqin. Ces véhicules se caractérisent aussi par des performances médiocres. Les fonds zombies lancés en 2003 ont seulement rendu 39% du capital investi à leurs investisseurs, contre 99% pour l’ensemble des fonds de cette année-là. L’écart est encore plus grand pour le millésime 2004 (17% pour les zombies contre 65% pour le secteur) et très faible pour celui de 2006 (16% contre 27%).
Incompétence des équipes de gestion ? Difficulté à trouver des sociétés cibles ? L’étude ne se prononce pas sur les raisons de l’attentisme des fonds «morts vivants». L'éclatement de la bulle LBO ne serait en tout cas pas en cause: au cours de la période examinée (2001-2007), l’année 2006 a été la plus mauvaise avec près de 70 milliards de dollars d’investissement non réalisés.
Selon Preqin, le marché secondaire pourrait offrir une porte de sortie. A condition d’accepter des prix bradés, il permet aux gestionnaires de se débarrasser de leurs fonds et apporte de la liquidité aux investisseurs. La partie investie des fonds zombies recèle 1.732 participations dans des entreprises. Certains gestionnaires s’y intéressent, tel Vision Capital qui cherche à acquérir des portefeuilles mûrs d’entreprises moyennes européennes. Son dernier véhicule, Vision Capital Partners VII bouclé en 2009, atteint 680 millions d’euros.
L’existence des fonds zombies ne condamne pas l’ensemble du marché. Depuis début 2012, 1.148 fonds de private equity ont été levés, pour un total de 506 milliards de dollars (voir le tableau).
{"title":"","image":"79875»,"legend":"Lev\u00e9es de fonds en capital investissement»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’achemine vers une hausse de taux en décembre
Malgré une décision unanime de ne pas remonter les taux pour l’instant, les gouverneurs de la banque centrale ont envoyé le message d’un nouveau resserrement le 17 décembre. Sauf accident sur la croissance, le mouvement devrait même se poursuivre malgré les hausses de taux longs déjà restrictives. -
Shell et Repsol décident d’accroître leur retour aux actionnaires
Après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes du consensus, les deux énergéticiens ont relevé le montant de leurs rachats d’actions. -
Andera Partners investit 60 millions dans Tyls
La société d'investissement prend une participation minoritaire dans le réseau d’expertise comptable dans le cadre d'une opération sponsorless.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Tutti fascisti !« Tous fascistes, sauf nous » : comment Jean-Luc Mélenchon organise le vide entre le RN et LFI
Pour affronter Marine Le Pen, le leader des insoumis cherche à effacer la partie centrale de l'échiquier politique et repousse les socialistes dans le camp des fascistes -
Au nom de la loiCouvre-feux, manifs interdites, drones : nos libertés sous cloche ?
Depuis dix ans, le pouvoir macroniste a multiplié les textes sécuritaires. Avec l’objectif de répondre à la demande croissante d’ordre et d’autorité. Mais au risque de rompre l’équilibre fragile entre sécurité et libertés fondamentales -
Maintien de l’ordre : combien de temps les policiers pourront-ils tenir ?
Les forces de l’ordre, durement éprouvées le 17 octobre, sont sous pression depuis le début du mouvement lycéen il y a cinq semaines. Sans issue politique à l'horizon, combien de temps pourront-elles tenir ?