Les fonds LBO lorgnent les marques L’Or et Grand’Mère
Un arôme de café flotte sur le secteur du LBO en France. Plusieurs fonds d’investissement s’intéressent au dossier Grand’Mère et L’Or, les deux marques françaises que les groupes agroalimentaires Mondelez et D.E. Master Blenders ont décidé de mettre en vente à la suite de leur rapprochement. Lazard, mandaté pour diriger le processus de cession, attendait les premières offres indicatives vendredi dernier.
Quatre fonds seraient sur les rangs: BC Partners, Cinven, Clayton Dubilier & Rice, et PAI Partners. Mi-octobre, Reuters s’était également fait l’écho de l’intérêt de deux groupes industriels: l’italien Lavazza, conseillé par JPMorgan, et l’israélien Strauss Group, épaulé par Rothschild.
Les vendeurs espèrent retirer autour de 480 millions d’euros. Ce qui correspondrait à environ 8 fois l’Ebitda estimé pour 2014, attendu à 58 millions d’euros, selon des sources financières. Le dossier supposera néanmoins un gros travail d’accompagnement de la part des acquéreurs, notamment si un fonds l’emportait. «Il s’agit d’un ‘carve-out’, signale un banquier. L’Or et Grand’Mère sont deux marques autour desquelles il faut constituer une structure juridique et opérationnelle complète. Leurs produits sont aujourd’hui fabriqués dans deux usines différentes qui appartiennent au vendeur». De ce point de vue, les acquéreurs industriels disposant de leurs propres sites de production sont avantagés.
Sur le plan industriel, d’autres questions se posent pour valoriser l’activité: la concurrence des capsules, domaine où l’Or apparaît mieux positionné, et l’évolution du prix du café, matière première des deux marques. Entre début 2011 et fin 2013, les cours du contrat de référence sur l’arabica ont été divisés par trois pour tomber à 105 dollars, avec un effet positif sur les marges. Mais depuis, les cours sont repartis à la hausse et le contrat traitait hier aux alentours de 191 dollars.
Le néerlandais D.E. Master Blenders et l’américain Mondelez ont annoncé en mai leur volonté de marier leurs activités dans le café. Leur union donnerait naissance au numéro deux mondial du secteur, pesant plus de 7 milliards de dollars (5,5 milliards d’euros) de chiffre d’affaires. Mondelez, qui apporte des actifs valorisés 5 milliards de dollars, détiendra 49% du nouvel ensemble.
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