Les fonds de pension australiens sont dans le viseur des autorités
A quelques mois du lancement de la réforme des retraites en France, le gouvernement pourra utilement étudier l’inquiétude qui monte parmi les retraités ou futurs retraités des pays anglo-saxons. Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Australie notamment, les cotisants s’interrogent sur le discours vague des fonds de pension pour justifier leurs faibles performances. Et la faiblesse des taux n’est pas seule en cause.
En Australie, où prospère le troisième plus gros marché mondial des fonds de pension en total d’actifs (2.600 milliards de dollars australiens, soit environ 1.660 milliards d’euros), la National Australian Bank (NAB) pourrait devoir dédommager des milliers de clients de fonds de pension. Motif : les cotisants considèrent avoir payé des prestations qu’ils n’ont pas reçues, selon l’enquête de la Royal Commission dans le cadre d’un examen programmé du secteur de l’épargne retraite ouvert hier et devant durer deux semaines.
Cette Commission a déjà passé sur le gril l’industrie de la banque et de la gestion d’actifs ces derniers mois. A présent, c’est aux fonds de pension australiens de répondre aux questions sur des allégations de manquements et de mauvaise performance.
La filiale de NAB mise en cause aurait mené ses agissements entre 2012 et 2017, affectant plus de 220.000 clients, selon Michael Hodge, avocat auprès de l’enquête, cité par Reuters. Elle a d’ores et déjà promis de payer 64,3 millions de dollars de dédommagement, a-t-il ajouté. Selon Michael Hodge, AMP, Commonwealth Bank of Australia, IOOF, Australia and New-Zeland Banking Group et Westpac Banking Corp ont également chargé en commissions des milliers de clients pour des conseils qui n’ont jamais été prodigués.
L’avocat rapporte que l’enquête examinera cette affaire de « commissions pour prestations non rendues » dans la perspective des trustees qui fabriquent les produits retraite. En Australie, les fonds de pension opèrent en tant que trusts, ce qui signifie qu’ils doivent se soumettre à différentes lois comme celle qui les contraint à s’assurer que les investissements sont effectués avec prudence et à accompagner leurs membres.
L’enquête a déjà révélé des pratiques similaires dans le secteur bancaire et la gestion d’actifs, effaçant des milliards de dollars de la valeur de quelques-unes des plus grandes entreprises australiennes alors que les investisseurs sont confrontés à des coûts de conformité plus lourds et à une régulation plus stricte.
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