Les financements d’acquisition sont promis à une stabilité des marges
Le marché du financement d’acquisition en Europe a certes dépassé le creux de la vague, matérialisé en 2008 et 2009 par le gel des crédits et le tarissement des liquidités. Pour autant, les 70 professionnels du financement interrogés par Norton Rose se gardent bien de tout excès d’optimisme. Ils affichent plutôt selon le cabinet une confiance «sur un mode plus équilibré et plus réaliste», inspirée par le «retour aux fondamentaux».
Ce dernier se caractérise par la primauté de l’intérêt propre des transactions face aux formules magiques de l’ingénierie financière. Mais si le marché a retrouvé des couleurs l’an passé, les banques restent profondément marquées par les excès passés et la gestion du risque les obnubile pour évaluer les opportunités.
Niveaux de prix et de levier font ainsi l’objet de toutes les attentions. Les professionnels visent ainsi un taux servi sur les tranches A des prêts de l’ensemble du marché de 325 à 375 points de base (pb), relativement stable pendant un certain temps à venir. Si cette mesure était encore impossible il y a six à douze mois faute de liquidité, ce taux reste bien supérieur à celui de 225 pb au plus observé jusqu’en 2007. Un niveau qui ne reflétait pas il est vrai le risque encouru, selon Norton Rose. Le niveau de levier a de son côté subi une coupe drastique. 5% seulement des personnes interrogées considèrent désormais comme acceptable une dette senior supérieure ou égale à 5 fois l’Ebitda. Et 88% prônent un multiple de 4 fois au plus. Soit la moitié de celui couramment observé avant la crise.
Surtout, les professionnels du financement laissent paraître leur résignation face au «mur» de la dette existante à refinancer, de 300 à 500 milliards d’euros sur les sept prochaines années selon S&P. Car l’horizon d’un retour aux niveaux et conditions d’activité prévalant jusqu’en septembre 2007 semble bien éloigné. 46% des répondants estiment qu’ils ne seront pas atteints avant 2014 et 26% qu’ils constituent un âge d’or disparu à jamais. Le sommet de cet obstacle majeur est attendu en 2012 et 2013, de quoi laisser souffler un espoir cette année.
Qui plus est, le renouveau du marché reste conditionné à court et moyen termes par des événements économiques tels la gestion des déficits publics ou la restauration de la confiance envers le système bancaire.
{"title":"","image":"76610»,"legend":"fusions acquisitions»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
L’organisation des Nations Unies prépare l’avenir de l’agriculture
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a organisé sa première conférence sur le «Smart farming» ou utilisation des technologies au service de tous les agriculteurs afin d’améliorer les pratiques, les rendements et le niveau de vie. -
Omers renonce à nommer un nouveau directeur des investissements
Le fonds de pension canadien des agents de la fonction publique de l'Ontario, qui pèse 145,2 milliards de dollars canadiens d'actifs nets, redistribue les responsabilités de son ancien directeur des investissements entre plusieurs dirigeants. -
Schroders Capital anticipe un triplement des opérations de continuation d'ici 2035
Le marché mondial des opérations de continuation pourrait dépasser 330 milliards de dollars d'ici 2035, contre 109 milliards en 2025. Selon Schroders Capital, cette dynamique traduit une évolution structurelle du private equity et accompagne le recul des cessions entre sponsors.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Contenu de nos partenaires
-
Loi d'urgence agricole : les 5 points de discorde majeurs qui opposent le Sénat et l'Assemblée
Le Sénat a tranché en faveur d’un texte plus souple mais le vrai combat s’ouvrira le 16 juillet lors d’une Commission mixte paritaire (CMP) où députés et sénateurs tenteront de concilier leurs visions divergentes -
Flagrant délitEn Inde, une affaire de détournement de fonds fragilise le BJP de Narendra Modi
Déjà affaiblie par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, la formation du Premier ministre est mise en cause dans un scandale autour du temple de Ram sur lequel elle a bâti sa popularité -
La France doit reconnaître la filiation actée par un tribunal étranger d'un enfant né par GPA, dit la Cour de cassation
Cette décision du 3 juillet concerne un couple d'hommes français résidant au Canada et pères de trois enfants. Pour la Cour de cassation, l'interdiction de la GPA en France ne suffit plus à bloquer l'exequatur d'un jugement de filiation étranger