Les Etats-Unis se penchent sur le niveau de levier chez les courtiers sur forex
Les conséquences de l’envolé du franc suisse sur le secteur des courtiers sur forex commencent à se préciser, alors que l’annonce lundi soir des conditions du prêt consenti par Leucadia, filiale de Jefferies, pour «sauver» FXCM, a fait chuter de 87% le cours du coutier mardi. L’action reprenait 50% hier à mi-séance, à 2,40 dollars, contre 12,63 dollars quand elle a été suspendue jeudi 16 janvier.
Le prêt de 300 millions de dollars sur 2 ans accordé par Leucadia avec un taux d’intérêt de 10 % pouvant aller jusqu'à 17 % est garanti par certains actifs du coutier. Il permet à la filiale de Jefferies de décider si elle le souhaite de vendre FXCM et de conserver dans ce cas plus de la moitié du produit de la vente, précisent les conditions révélées dans un communiqué lundi soir. L’accord limite la possibilité pour le courtier de disposer de ses propres actifs sans le consentement de l’acheteur. «Je suis sûr que la solution retenue est la moins destructrice pour les actionnaires de FXCM», affirme William Katz, analyste chez Citigroup. Il estime que le courtier devrait essayer de se mettre en vente en avril et que les actionnaires garderont 10% des revenus de la vente.
«C’est la leçon à tirer d’avoir un tel niveau de leverage dans le trading sur forex pour les particuliers. Cela ne laisse pas beaucoup de marge d’erreur», considère également William Katz. Or depuis 2014, FXCM, plus gros acteur américain sur les changes pour les particuliers, permettait à ses clients de bénéficier d’un effet de levier de 200. Son patron, Drew Niv, avait écrit à la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) en mars 2010 avec huit autres acteurs du courtage sur les changes pour s’opposer à une tentative de réguler le levier dans ce secteur.
Des régulateurs américains pourraient revoir les règles concernant le levier pour les clients particuliers des courtiers sur forex. «Au regard de ce qui s’est passé la semaine dernière, nous voulons nous assurer que ces règles ont un sens et assurent la nécessaire protection des clients. Nous allons tout examiner sans exception pour aller dans ce sens», assure Karen Wuertz, porte-parole de la National Futures Association (NFA), l’association nationale d’autorégulation du secteur des produits dérivés. La NFA et la CFTC permettent actuellement aux courtiers de proposer un leverage de plus de 50 fois la somme déposée.
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