Les entreprises souhaitent mettre temporairement le frein sur les M&A
Depuis le printemps, la situation a bien changé. Au mois d’avril, 38% des dirigeants d’entreprises disaient rechercher activement des opportunités des fusions-acquisitions (M&A) pour les six mois à venir. Mais selon la dernière version du baromètre semestriel Capital Confidence réalisé par Ernst & Young auprès de 1.000 dirigeants, cette proportion est retombée à 29%. Corollaire de ce chiffre, 75% font même de la croissance organique leur première cible d’allocation de capital.
La situation peut sembler d’autant plus paradoxale que l’opinion des entreprises sur leur bilan reste positive. Seules 16% des sociétés interrogées se disent restreintes par leur capacité financière. Un chiffre stable par rapport à avril alors qu’il y a un an, elles étaient 40% dans ce cas.
La situation côté crédit s’est également améliorée. 58% des sondés jugent les conditions meilleures qu’il y a six mois, 36% indiquant même que l’accès aux fonds pour financer une opération ne constitue pas une barrière (contre 26% en avril).
Les raisons de cette prudence sont donc à chercher du côté des facteurs exogènes. «Les mesures d’austérité, la régulation croissante et les conflits sur les changes sont parmi les éléments qui sapent la confiance dans l’environnement économique mondial», explique Pip McCrostie, vice-présidente en charge du conseil sur les transactions chez Ernst & Young.
Cette prudence passagère peut donc laisser de l’espoir. Car les conditions semblent tout de même réunies pour une relance rapide du marché, une fois les craintes actuelles dissipées.
Les bilans se sont en effet globalement améliorés. Et plus important encore, la moitié des entreprises (contre 36% l’an passé) disent avoir la capacité de lancer une acquisition-éclair (en moins de 30 jours). Cela tient souvent à l’absence de besoins de financement. Les groupes pensant pouvoir financer l’essentiel d’une acquisition sur leur trésorerie sont désormais 61%, contre 48% il y a six mois et 56% il y a un an.
Enfin, Ernst & Young pointe un autre chiffre intéressant. Tandis que les acquéreurs probables sont passés en six mois de 38% à 29%, les vendeurs probables d’actifs sont passés de 38% à 15%. Avec désormais plus d’acquéreurs potentiels que de vendeurs, «nous pourrions voir les opérations hostiles s’accroître», conclut Pip McCrostie. Surtout au vu du cash disponible.
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