Les Bourses européennes poursuivent leur mue
Assiste-t-on à la consolidation des infrastructures de marché européennes ou à leur «déconsolidation», comme l’a assuré le directeur général de la Bourse suisse SIX Christian Katz lors de la convention annuelle de la fédération du secteur (FESE) à Berlin les 26 et 27 juin ? Six ans après l’entrée en vigueur de la première directive sur les marchés d’instruments financiers (MIF), la question n’est pas tranchée. L’avenir d’Euronext, la Bourse paneuropéenne qui sera séparée dans les mois à venir du nouvel ensemble formé par ICE et Nyse, reste incertain. Chacun des grands acteurs, du LSE à Nasdaq OMX en passant par Deutsche Börse et même SIX est un candidat potentiel à la reprise, la Bourse allemande étant donnée pour favorite. Mais l’option d’un «stand alone» reste ouverte.
Dans l’ignorance du choix qui sera fait par ICE dans les semaines à venir sur le périmètre des activités dont elle se séparera, chacun refuse de s’avancer. La moindre des variables ne sera pas le prix. «Euronext est la dernière opportunité de cette taille sur le marché européen. Quelle sera la valeur d’une chose dont on sait qu’elle est unique? En tout cas, il y aura une prime», assurait le représentant d’un régulateur, en marge des débats. Seule certitude: Bats Chi-X, le nouvel entrant dont la part des transactions sur actions excède désormais celles de Nyse Euronext et Deutsche Börse réunis, ne peut prétendre renforcer une position déjà dominante. La Place de Paris attend le rapport de Thierry Francq, attendu le 1er juillet mais reporté, pour prendre position.
Le monde boursier est également travaillé par la révision de la directive sur les marchés de 2007 qui avait amené le LSE à quitter FESE pour cause de divergence stratégique. La cohabitation de modèles en silo come Deutsche Börse ou SIX et de structures déconsolidées et diversifiées comme Euronext ou Nasdaq OMX amène à des divergences sur les priorités réglementaires, tandis que la compensation poursuit sa concentration avec le rapprochement probable d’EMCF et EuroCCP.
Autre menace à l’horizon: la taxe sur les transactions financières dont le projet, présenté par la Commission européenne, fait l’unanimité contre lui. «On risque d’avoir une taxe essentiellement sur les transactions sur actions, alors que c’est le marché qui fonctionne le mieux», regrettait jeudi Hans Ole Jochumsen, directeur général de Nasdaq OMX et président de FESE.
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