Les banques minimisent le risque Dubaï
Lorsqu’une institution importante fait défaut sur sa dette, il est toujours difficile d’obtenir une information exhaustive. Concernant l’exposition des banques à la dette de Dubaï World, certains éléments donnent néanmoins une idée plus précise des risques encourus. Si les banques du Golfe seront sans doute plus sensiblement touchées, le risque direct semble plus réduit pour leurs homologues étrangères.
Selon l’Emirates Banks Association, les deux établissements les plus exposés aux émetteurs des Emirats arabes unis (EAU) sont de très loin HSBC et Standard Chartered, dont les créances atteignaient respectivement 17 et 7,8 milliards de dollars au 31 décembre 2008 (voir graphique). La première avait déclaré en août dernier que son exposition aux EAU a été réduite à 15,9 milliards au 30 juin.
Ces montants peuvent paraître importants, mais ils sont à rapporter aux encours totaux et/ou à la valeur des actifs nets (NAV). A ce titre, Standard Chartered apparaît comme la plus vulnérable, puisque son exposition représente 4,4% de ses encours et 43 % de sa NAV. Quant à HSBC, les EAU ne pèsent guère plus de 1,5% du montant total de ses encours et de 15% de son actif net. En outre, ces chiffres concernent l’ensemble des EAU, dont Dubaï ne constitue que l’une des sept composantes.
Les banques françaises, pour leur part, détiennent dans leurs livres 11,3 milliards de créances aux EAU. BNP Paribas était au 31 décembre 2008 le premier acteur hexagonal: elle affichait 1,68 milliard de dollars de créances. Cela dit, l’établissement précise ne pas avoir d’«exposition matérielle à la bulle immobilière» de l’émirat de Dubaï (voir tableau). En clair, il n’a pas participé au financement du secteur de la construction et de la promotion, il est vrai en berne, «depuis plusieurs trimestres», selon une source interne. BNP Paribas est surtout présente à Bahreïn, en Arabie saoudite, au Koweït et au Qatar, dans les produits de taux et change, l’énergie et le financement d’équipements collectifs («utilities»).
Calyon, la banque de financement et d’investissement du Crédit Agricole, affiche dans ses livres une exposition de 418 millions de dollars (environ 280 millions d’euros) aux diverses entités de Dubaï, notamment à travers un crédit syndiqué à Dubaï World et des crédits bilatéraux. Mais elle souligne que ces créances sont considérées comme de la dette souveraine. «Ce dossier, considéré par le management depuis plusieurs semestres comme très sensible, est «suivi et provisionné» et c’est pourquoi ce moratoire ne surprend aucunement le management de CASA», précise CM CIC Securities dans une note. Selon Calyon, la provision de 113 millions d’euros passée au troisième trimestre dans le Golfe ne concerne toutefois pas ce dossier.
Les autres établissements sont quasiment absents du marché dubaïote. Le franco-belge Dexia n’a ainsi pas d’exposition directe à Dubaï World. Il détient des obligations de l’opérateur Dubaï Port, qui n’est pas concerné par les négociations en cours. «Les établissements français sont peu exposés, estime l’analyste d’un courtier américain. Alors que leur exposition au bilan et hors-bilan à la région Afrique/Moyen-Orient paraît importante, la majorité provient de l’Afrique du Nord, où ils jouissent d’une forte présence dans les réseaux de détail.»
On parle ici d’exposition directe. Le coup de tabac qu’a provoqué l’affaire sur les marchés, notamment sur la dette émergente, pourrait aussi pénaliser les activités de marché des banques.
Plus d'articles du même thème
-
Vallourec confirme prévoir de redistribuer 540 millions d'euros à ses actionnaires d'ici à la fin de 2026
Vallourec a bouclé le 30 juin dernier son programme de rachat d'actions initié le 8 janvier. -
Apple perd un recours décisif contre la Commission européenne
La plus haute juridiction européenne a notamment maintenu un régime de règles et de contrôles renforcés à l’App Store d’Apple et à son système d’exploitation dédié aux iPhone, iOS. -
UniCredit est aux portes des 50% chez Commerzbank
Le groupe italien a désormais obtenu 17,6% de sa cible allemande via son offre publique. Il devrait être en mesure d’en prendre le contrôle mais pas encore de mettre en œuvre une fusion complète.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
La Sardaigne du nord au sud en 10 adresses coups de cœur
La Sardaigne ne laisse personne indifférent. Deuxième plus grande île de la mer Méditerranée, elle dévoile une incroyable diversité de paysages. Du nord au sud, chaque étape réserve son lot de surprises. Les amateurs de farniente, de sport, de plongée sous-marine, de gastronomie, d'histoire partagent tous l’amour de cette île d’exception. Nous avons sélectionné 10 adresses coup de cœur, qui vous emmènent à la découverte des incontournables. -
Hors budgetPourquoi la facture IA des entreprises explose
Certains grands groupes réduisent drastiquement l'usage des modèles les plus récents pour contenir leurs dépenses, sans perdre pour autant de terrain dans la course technologique -
AudaceLe coup de semonce de la Chine aux Etats-Unis et leurs alliés de l'OTAN
En procédant à un rare tir de missile balistique en mer de Chine méridionale, Pékin a adressé un message clair aux pays membres de l'Alliance atlantique