Les acteurs français du private equity peinent à se différencier
En dépit de certains «vents contraires», le marché français du private equity ne manque pas d’attrait pour les investisseurs, selon Towers Watson. Quand bien même quelques gestionnaires internationaux sont parvenus à y opérer des percées, ce marché reste dominé par des acteurs locaux. En France en effet, souligne le cabinet de conseil dans une étude, le fait d’être un interlocuteur local apparaît crucial. Nombre de petites et moyennes entreprises sont contrôlées par des intérêts familiaux et seront plus disposées à confier leur devenir à des gestionnaires au fait des us et coutumes nationaux.
Cette proximité de fait entre entreprises et private equity s’accompagne d’une vive concurrence entre les gestionnaires. Mais ceux-ci font preuve de stratégies similaires, la plus populaire d’entre elles selon le rapport consistant à prendre sous son aile une activité domestique pour en faire une société d’envergure internationale. Au regard de stratégies comparables et étant donné que la plupart des gestionnaires se considèrent comme généralistes, «il peut être difficile» de différencier ces acteurs entre eux, avance Towers Watson.
Dès lors, assure le cabinet, un gestionnaire se présentant avec une approche unique en termes de détection des opportunités d’investissement ou de capacité à créer de la valeur ne pourrait que recueillir les suffrages des investisseurs.
Le cabinet estime dans ce contexte que les acteurs disposant d’une expérience avérée auprès des entreprises en grandes difficultés (distressed) ou en retournement pourraient tout particulièrement tirer leur épingle du jeu, notamment dans les domaines des technologies et des services. Ils seraient susceptibles de faire valoir leur savoir-faire local spécifique dans ces situations étant donné la complexité de la loi française sur les faillites, la rigidité des conditions de licenciements ou le poids des syndicats. Ces segments de marché seraient «suffisamment inefficients» pour permettre à un gestionnaire talentueux de générer des performances attractives, selon Towers Watson.
L’Hexagone n’est pas pour autant dépourvu de contraintes, au premier rang desquelles figure la relative absence de culture entrepreneuriale, qui laisse le premier rôle aux grands groupes diversifiés face à un vivier peu étoffé de petites sociétés.
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