Le secteur financier parie sur 2014
Encore marquées il y a un an par les appréhensions sur la dette européenne, les banques d’investissement peuvent voir l’avenir avec plus d’optimisme. Le secteur de la finance – immobilier compris – affiche les anticipations d’activité les plus positives parmi l’ensemble des secteurs étudiés par le baromètre d’opinions Thomson Reuters/Freeman Consulting, publié hier, après avoir présenté les perspectives les plus sombres au cours des deux derniers exercices. 86% du panel prévoit une croissance des revenus des banques en 2014.
Les optimistes ne représentaient que 44% des dirigeants de sociétés sollicités en 2012 pour le baromètre 2013. Concernant les prévisions de bénéfices, la situation est plus tranchée. Si 57% anticipent une croissance dans le secteur financier (contre 53% en 2013), la proportion des pessimistes progresse également (elle passe de 11% à 29%).
Ce regain de moral provient de l’appétit d’acquisition retrouvé des entreprises, qui aura, s’il se concrétise, des répercussions en termes de revenus pour les banques, dans les activités de conseil comme de financement. En effet, tous secteurs confondus, les ambitions de croissance externe priment désormais sur les objectifs de synergies et de réduction de coûts, qui prévalaient encore en 2012 pour 2013. Les répondants sont 44% (contre 32% l’année dernière) à envisager une diversification de leur société.
Le secteur financier lui-même devrait être l’un des plus actifs en la matière, d’après le baromètre. Le montant des transactions devrait y progresser de 34%, devant le secteur média & télécommunications (+27%) et la santé (+15%). Les professionnels évoquent l’intérêt toujours fort manifesté par les fonds de capital-investissement, à la recherche d’actifs sous-évalués, malgré le frein que représentent les réglementations croissantes.
Parallèlement à l’activité de M&A, les banques devraient également être sollicitées pour des opérations de primaire actions (78% des répondants américains envisagent par exemple d’y recourir).
Autre signe positif pour les banques d’investissement, leurs clients semblent moins obnubilés par le niveau des commissions qu’elles leur facturent, laissant sous-entendre une moindre pression à la baisse exercée sur les revenus des établissements. La proportion de clients estimant que des frais concurrentiels font partie des critères déterminants au moment du choix d’une banque conseil est passée de 45% dans l’enquête 2012 à 31% cette année. Il s’agit du niveau le plus bas enregistré depuis le lancement du baromètre Thomson Reuters il y a cinq ans. Pour la première fois, révèle l’étude d’opinion, les clients asiatiques sont les plus sensibles au prix tarifé par les établissements.
Le dynamisme affiché par les marchés financiers cette année a également modifié les attentes des clients à l’égard du conseil en fusions-acquisitions. En dépit du poids du financement d’une transaction dans l’environnement actuel, la capacité d’une banque conseil à fournir également une partie du financement sous forme de dette est un critère de choix jugé moins important: 23% des sondés en font une condition, contre 29% en 2012. Or, le modèle de M&A des banques universelles repose sur cette capacité à proposer l’ensemble des services; les spécialistes devraient donc être mieux à même de défendre leur chance.
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