Le projet de taxation des transactions financières en Europe est relancé
Lundi, les ministres des finances des onze pays qui soutiennent le projet de taxe sur les transactions financières se rencontreront à Bruxelles, avant l’Eurogroupe, pour tenter de relancer la négociation. Début janvier, le président Hollande, constatant le blocage des discussions, a repris le dossier en main et proposé de revenir à une taxation sur une base très large mais à un taux très bas afin d’éviter les délocalisations. «Nous voulons voir dans un premier temps s’il y a une appétence pour une autre approche», indiquait cette semaine un diplomate.
Dans une lettre adressée cette semaine à leurs homologues, dont L’Agefi a pris connaissance, les ministres des Finances français et autrichien, Michel Sapin et Hans-Jörg Schelling, constatent que l’idée proposée en mai 2014 de procéder «par étapes» a abouti «à une impasse tant pour des raisons de substance… que de méthode» et suggèrent d’en «tirer les conclusions». La lettre n’est pas précise sur la base de la taxe, mais selon nos informations, la TTF comprendrait les actions et l’ensemble des produits dérivés, en excluant les titres à revenus fixes. Cette exemption permettrait de lever les réserves liées aux problèmes de liquidité des marchés de dettes souveraines qui préoccupaient plusieurs pays dont l’Italie. Aucune précision sur les taux n’a pour l’instant été fournie. «Ce sera pour une prochaine réunion», indique cette source.
Les ministres recommandent également la création d’une présidence «stable» du groupe. Berlin défend l’idée de confier cette tâche au ministre des finances italien, car la Lituanie, qui assure la présidence du Conseil Ecofin, ne participe pas aux négociations. Bercy n’a apparemment pas exprimé de préférence. Paris aimerait toutefois bénéficier d’un «appui technique et logistique» de la Commission européenne. Une idée à laquelle le commissaire en charge de la fiscalité, Pierre Moscovici, n’est pas hostile.
De sources proches, cette initiative a permis de réaligner les positions de Berlin et Paris et considérablement augmenté les chances du projet d’aboutir. L’industrie ne s’y est pas trompée et devait envoyer cette semaine une lettre aux ministres des finances dont L’Agefi a également eu connaissance. Elle y revient sur les conséquences extraterritoriales et sur la tenue de marché d’une telle taxe.
Si la réunion de lundi est conclusive, la négociation devrait se focaliser sur les taux et sur le choix entre pays de résidence des contreparties ou pays de l’émetteur dans les mois à venir.
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.