Le potentiel du crowdlending ne remet pas en cause la position des banques
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Le crowdlending va décoller, c’est certain, selon Nicolas Bouzou, économiste et fondateur du cabinet Asterès. L’environnement est très favorable en France où l'épargne des ménages est abondante et où persistent des «trous de financement» pour les entreprises, d’après un point de vue détaillé dans une étude réalisée pour Credit.fr sous le titre «Le Crédit participatif: soutenir l’investissement, donner du sens à l'épargne».
Le document analyse notamment 392 projets relevés durant l'été 2015 auprès de quatorze plates-formes et montre que le montant de prêt moyen s'élève à 84.000 euros, octroyés à un taux annuel de 7,8% sur une durée de 3,5 ans. Une typologie particulière peu couverte par les banques.
Selon l'économiste, les plates-formes de crowdlending offrent un accès facilité aux financements, sans avoir à fournir de garanties. Les épargnants y trouvent des rendements élevés que peu de produits traditionnels proposent et un moyen de maîtriser la destination de leur épargne. Pour tous, le crowdlending permet d’encadrer et de sécuriser le «love money», les fonds investis par l’entourage du porteur de projet, et une réduction des coûts de transaction due au fait que les plates-formes sont des sites web sans infrastructures lourdes à entretenir, contrairement aux banques.
Néanmoins, l’activité a aussi ses limites. Les entrepreneurs doivent dévoiler des informations sur leur projet pour espérer séduire les investisseurs mais aussi accepter des taux assez élevés.
La réaction des épargnants qui seront tôt ou tard confrontés à des défaillances est incertaine et les incidents de remboursement peuvent affecter la réputation des entreprises concernées.
Enfin, le marché est voué à se structurer car il ne pourra pas assurer la pérennité des 61 plates-formes de prêt existant actuellement. Finalement, l'économiste anticipe que le prêt bancaire restera le modèle dominant, le crowdfunding se situant plus comme un complément.
Il propose que les prêteurs puissent prêter au-delà du plafond actuel à 1.000 euros par projet pour aller jusqu'à 5.000 euros et recommande que les plates-formes investissent elles-mêmes dans les projets qu’elles sélectionnent de façon à aligner leurs intérêts avec ceux des prêteurs. En outre, un avantage fiscal serait bienvenu, mais peu réaliste compte tenu de l'état des finances publiques.
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
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