Le plan Juncker produit ses premiers accords avec Bpifrance
Alors que l’encre du plan Juncker, destiné à injecter 315 milliards d’euros dans l’Union européenne, n’est pas encore sèche, les accords commencent à apparaître sur le plan national. Hier, Bpifrance et le Fonds européen d’investissement (FEI), entité de la Banque européenne d’investissement spécialisée dans le capital-risque, ont signé une première opération de soutien au financement des sociétés innovantes.
Cet accord permettra à la banque publique d’investissement de dégager, au cours des deux prochaines années, une enveloppe de 420 millions d’euros sous deux formes. Le Prêt innovation, doté de 320 millions d’euros, financera la commercialisation d’innovations réalisées par les PME et les ETI de moins de 500 salariés. Ces prêts, d’un montant maximum de 5 millions d’euros, seront garantis à 50% par le FEI. Le Prêt amorçage investissement, dont l’enveloppe est fixée à 100 millions d’euros, renforcera le bilan d’entreprises qui lèvent des capitaux auprès d’investisseurs. Le montant unitaire maximal est fixé à 500.000 euros. Cette enveloppe est garantie à 40% par le FEI.
L’accord repose donc sur des garanties de 200 millions d’euros. Celles-ci seront couvertes par le budget européen dans le cadre du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) – même si ce dernier n’existe pas encore. Le FEIS veut privilégier les infrastructures, la transition écologique, le numérique et la formation.
«Le plan Juncker, c’est faire plus, plus vite et plus risqué. Nous avons besoin de plus d’investissement privé. La rapidité est également un élément clé, c’est pourquoi l’accord est signé alors que les discussions sur le plan Juncker sont encore en cours au Trilogue. La garantie du FEI permet de déclencher au plus près du terrain des prêts à l’innovation et à l’amorçage. L’accord accélère le financement du risque dans l’économie», souligne Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie.
Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, a précisé que ces prêts seraient disponibles dès le 15 mai. «Ils sont les seuls à échapper à notre règle de base d’intervention en co-financement avec une banque privée», ajoute-t-il. Via le FEIS, le FEI puisera dans les ressources consacrées à l’initiative InnovFin du programme Horizon 2020. «Le déploiement d’InnovFin était prévu pour la période 2014-2020. Il a été décidé d’en accélérer l’échéance à 2017. Ça, c’est le plan Juncker», affirme Nicolas Dufourcq.
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