« Le marché japonais est bien valorisé et vulnérable à une correction »
L’Agefi : Pourquoi anticipez-vous une consolidation des marchés actions européens, mais une poursuite de la hausse de Wall Street ?
Frédéric Dodard : Les marchés européens nous semblent moins porteurs que d’autres régions pour différentes raisons : l’année 2025 a vu un très fort re-rating des actions européennes alors que les problèmes structurels n’ont pas disparu, les bénéfices des entreprises européennes ont été plutôt décevants, les tensions au sujet du Groenland montrent que les marchés peuvent se retourner très rapidement et enfin les perspectives de hausse de bénéfice des entreprises sur 2026 sont assez élevées et nous craignons quelques déceptions.
De plus, les niveaux d’indices de marché baissent du montant des dividendes payés typiquement entre mars et septembre pour le CAC 40 et l’Eurostoxx 50 alors qu’aux Etats-Unis la distribution est non seulement plus faible en pourcentage mais aussi plus lissée tout au long de l’année. Ceci entraine mécaniquement une baisse des prix cibles pour la période de juin par rapport aux niveaux spots actuels qui accentue cette perception de correction des indices en prix.
A lire aussi : Wall Street devrait reprendre l’avantage sur l’Europe en 2026
Quelles sont les raisons de votre inquiétude sur la Bourse japonaise, avec une baisse attendue de 13% au premier semestre ?
Le marché japonais est bien valorisé et nous semble vulnérable à une correction : la faiblesse du yen crée un risque réel de correction des actions en cas de remontée brutale du yen comme en août 2024 et l’environnement obligataire domestique avec une hausse des taux longs qui risque de se poursuivre est un facteur de risque réel. Le re-rating du marché japonais nous amène à être plus prudents et nous préférons nous positionner sur les marchés émergents globaux.
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