Le LSE reporte à 2011 sa bascule vers la plate-forme MilleniumIT
Le London Stock Exchange (LSE) va perdre encore du terrain par rapport aux plates-formes de trading alternatives (MTF). L’opérateur historique, qui s’est fixé comme priorité d’avoir une plate-forme de négociation des plus compétitives, a reporté à 2011 la bascule de son marché principal [main market, ndlr] vers le système «à ultra basse latence» développé par MilleniumIT, la société technologique sri-lankaise rachetée par le LSE en 2009.
Cette annonce fait suite à une suspension de près de deux heures mardi matin des négociations sur le carnet d’ordres intégré de Turquoise, qui a remplacé son ancien système de TradeElect par la technologie MilleniumIT. Le LSE doit se mettre d’accord avec ses clients pour fixer une nouvelle date pour la migration du marché principal.
Mais les raisons de cette décision sont surprenantes. Le LSE, qui avait déjà fort à faire avec les mises à jour de réseau nécessaires à la mise en place d’une latence extrêmement faible et d’un flux de trading élevé, parle d’«erreur humaine» pour expliquer l’origine du dysfonctionnement. Selon la société, à la suite d’investigations préliminaires, cette «erreur humaine peut avoir eu lieu dans des circonstances suspectes». Une source proche du dossier, selon le Financial Times, a évoqué un éventuel acte de sabotage. Une enquête interne est déjà ouverte et les autorités de marché britanniques ont été informées du problème.
Le LSE n’en est pas à son premier pépin technique sur la nouvelle plate-forme Turquoise. Le 5 octobre, une erreur de réseau interne a forcé cette dernière à retarder l’ouverture du marché. Le 21 octobre, l’opérateur boursier avait déjà reporté la bascule de son marché principal au 1er novembre afin de donner plus de temps à ses clients pour tester le nouveau système de trading.
Il s’agit d’un véritable revers pour le groupe d’outre-manche qui comptait sur ce basculement technologique pour faire meilleure figure face aux MTF dont les systèmes de trading captent aisément la liquidité des traders haute fréquence. Le 20 octobre, Le LSE revendiquait le temps de négociation le plus rapide au monde avec une latence moyenne de 126 microsecondes, sur Turquoise, «deux fois plus rapide» que la plupart de ses rivaux. Selon ComputerWorld, la latence chez Bats Europe et Chi-X s’établirait, dans l’ordre, à 250 et 175 microsecondes.
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