Le fonds viager de la Caisse des dépôts défend ses pratiques
Six mois après son lancement, le fonds viager de la Caisse des dépôts refait parler de lui. Doté de 120 millions d’euros par neuf institutionnels, Certivia, géré par La Française REM et alimenté en biens par le groupe Renée Costes, doit promouvoir cette solution de financement en France en la débarrassant de la réputation sulfureuse qui l’accompagne parfois. Mais son mode d’intervention fait déjà débat, alors que le fonds, qui compte une douzaine de biens sous promesse de vente, doit encore signer sa première acquisition.
C’est Alain Lemouzy, fondateur du groupe Renée Costes, et désormais simple actionnaire minoritaire avec un tiers du capital, qui a porté l’estocade. Il s’est même adressé directement aux souscripteurs du fonds. Cette montée au créneau s’explique par le conflit qui l’oppose à ses deux autres associés, injoignables hier. Le dirigeant avance cependant d’autres griefs: Renée Costes réaliserait 450 transactions par an au lieu des 1.000 annoncées lors de sa réponse à l’appel d’offres de la Caisse, et se servirait de la sécurité offerte par la CDC aux yeux des vendeurs pour acheter à des prix exagérément bas.
«On joue avec la belle image d’institutionnels de la Caisse des dépôts et de La Française pour acheter des biens à des personnes âgées à des décotes de 50%», affirme Alain Lemouzy, en évoquant le risque de contentieux et les interrogations de certains notaires. Une fiche d’offre d’achat de Certivia, que L’Agefi a consultée, corrobore ces chiffres.
«Le mécanisme a été bâti sur la liberté réciproque. Certivia a la liberté d’acheter ou de refuser les biens qui lui sont proposés, et le vendeur peut se tourner vers le marché pour rechercher une offre supérieure s’il trouve la nôtre insuffisante. Mais nous nous interdisons de marchander», rappelle Marc Bertrand, président de Certivia et directeur général de La Française REM.
Des professionnels du viager, extérieurs au dossier, relaient les critiques, et suggèrent de faire intervenir des tiers pour l’apport de biens à Certivia... Ils évoquent aussi des cas où Renée Costes aurait proposé le bien en viager à d’autres investisseurs après avoir utilisé le «label» CDC pour tirer les prix vers le bas. «Les conditions de rémunération des commerciaux de Renée Costes Viager sont identiques quel que soit l’investisseur. Il appartient ensuite à Renée Costes Viager d’animer et de former son réseau de vente pour respecter les bonnes pratiques», répond Marc Bertrand.
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