Le fonds souverain libyen s’attaque à la Société Générale
Après s’être attaquée à Goldman Sachs, la Libyan Investment Authority (LIA) affronte la Société Générale. Le fonds souverain libyen lui réclame 1,5 milliard de dollars (1,09 milliard d’euros). La LIA a annoncé hier avoir engagé des poursuites auprès de la Haute Cour de justice britannique à l’encontre de la banque et de Walid Giahmi, un proche du clan Kadhafi, responsable d’une société enregistrée au Panama, baptisée Leinada.
En cause, des investissements ayant provoqué «de lourdes pertes en raison de malversations et d’actes de corruption». La plainte vise des opérations effectuées entre fin 2007 et 2009. Au cours de cette période, la LIA a notamment souscrit 2,1 milliards de dollars d’obligations à moyen terme émises par la Société Générale et trois de ses filiales. Il cite les communications de la banque, qui aurait au total versé 58 millions de dollars de commissions à Leinada. Pour sa défense, la banque souligne qu’elle «fait appel à des intermédiaires financiers dans les cas où elle ne dispose pas d'équipes dans un pays donné. Les clients en sont systématiquement informés».
La LIA remet en cause la réalité des conseils prodigués par l’entreprise panaméenne. «Il n’existe aucune indication prouvant que la société Leinada a effectivement produit des services légitimes en relation avec les transactions incriminées, d’autant plus que la Société Générale n’avait nul besoin d’aide concernant le montage des transactions et des solutions d’investissement, surtout venant de la part d’une personne ne possédant pas d’expertise dans les montages financiers», indique le fonds souverain.
En mai 2011, l’ONG Global Witness avait dévoilé le rapport de gestion interne à fin juin 2010 de la LIA – le régime Kadhafi était encore en place. Ce rapport révélait que le fonds avait fait de très mauvaises affaires, notamment en souscrivant à trois produits structurés de la banque française. A noter toutefois que le gel des avoirs libyens n’est intervenu qu’en 2011.
Aujourd’hui, des proches de la Société Générale, pour qui il s’agit d’un simple litige commercial, s’étonnent de l’agressivité de la LIA. La banque considère que les accusations sont «dénuées de fondement». Par ailleurs, à sa connaissance, elle ne fait pas l’objet d’une enquête aux Etats-Unis en lien avec la LIA, alors que celle-ci évoque «une enquête diligentée par le département américain de la justice pour violation des lois anticorruption» dans des opérations réalisée pour le fonds.
Plus d'articles du même thème
-
Accor fait de nouveau confiance aux convertibles pour optimiser son bilan
L’opérateur hôtelier émet 380 millions d’euros de nouvelles Océanes 2032 et lance une opération de rachat de ses convertibles 2027. -
Le nouveau président de BP promet un dialogue régulier et transparent avec les actionnaires
Le président par intérim, Ian Tyler, est confirmé. Le pétrolier doit maintenant trouver un nouvel administrateur référent indépendant, Amanda Blanc venant d’informer le conseil qu’elle ne se représentera pas en 2027. -
Ingenico étoffe son état-major, dans le sillage de sa restructuration de capital
Le géant tricolore des terminaux de paiement annonce ce mercredi l’arrivée de quatre personnalités clé à son équipe de direction aux côtés de Floris de Kort, quinze jours après sa restructuration de capital.
ETF à la Une
Les ETF mondiaux continuent de faire le plein, l’or et le bitcoin accélèrent en août
- Revolut étrenne son nouveau statut bancaire par un stablecoin euro à l'accent américain
- Generali France rejoint le club des assurbanques
- Qonto fait le ménage dans ses comptes clients en pleine demande de licence bancaire
- Swift accorde un répit aux banques sur les adresses structurées
- Le pétrole bondit de plus de 3% après l’attaque américaine contre l’île de Larak
Contenu de nos partenaires
-
Pourquoi la Chine a refusé de signer la déclaration commune du G20 Finances
Alors que les pays du G20 étaient réunis aux Etats-Unis pour un sommet dédié à la finance, la Chine a fait voler en éclats leur unité en refusant de condamner ses excédents commerciaux et ses subventions massives -
« Dangereuse et illégitime » : à droite et au centre, l’unanimité contre l’interdiction du voile en public
Trois candidats de la droite et du centre à l’élection présidentielle se sont insurgés contre la proposition du RN d’infliger des amendes aux femmes voilées -
Radio nostalgiePourquoi les socialistes aiment tant de Gaulle
Leur intérêt pour l'homme de 1940 est ravivé par le film d'Antonin Baudry sur le général. Chaque responsable du PS trouve une facette du grand homme à vanter