Le FMI en appelle à une plus grande implication de la BCE dans la crise
La Banque centrale européenne pourrait s’impliquer davantage dans la crise de la dette de la zone euro en réduisant encore ses taux d’intérêt, en augmentant ses achats d’obligations et en fournissant plus de liquidités. C’est ce qu’a estimé hier le Fonds monétaire international dans le cadre d’un rapport régulier sur la zone euro.
«La BCE peut fournir davantage de défenses contre une aggravation de la crise», assure le rapport. Dans ce document, le FMI juge qu’il faudrait accorder à la BCE, qui ne peut légalement financer les Etats, un statut de prêteur de dernier recours, afin de briser le cercle vicieux par lequel des Etats surendettés empruntent aux banques, exposant ces dernières au risque attaché aux obligations souveraines afférentes. «Pour renforcer encore son rôle sur les marchés financiers, on pourrait attribuer à la BCE la responsabilité explicite de la stabilité financière et les attributs complets de prêteur de dernier recours, éliminant ainsi le lien banques-souverains présent dans l’actuel mécanisme de fourniture de liquidité d’urgence (ELA)», explique ainsi le FMI.
Une économie faible et un risque inflationniste limité justifient que la BCE continue à baisser les taux, actuellement à un plus bas historique de 0,75%, poursuit l’institution dirigée par Christine Lagarde, observant qu’elle pourrait également pratiquer un assouplissement quantitatif (Quantitative Easing, QE) en rachetant des obligations souveraines, pourquoi pas conformément à un calendrier prédéfini. «Toutefois, il est probable qu’un QE contribuerait aussi à une baisse des rendements dans des pays où ils sont déjà bas, comme en Allemagne», reconnaît le rapport publié par l’institution de Washington, qui recommande également la relance du Programme pour les marchés de titres (SMP), ainsi qu’une nouvelle opération de refinancement à long terme (LTRO). La BCE a injecté plus de 1.000 milliards de dollars de liquidités dans le système bancaire par le biais de deux LTRO à trois ans en décembre et en février derniers. Dans le cas des LTRO, le FMI constate toutefois qu’elles tendent à renforcer la liaison entre banques et souverains.
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