Le capital-risque en France n’arrive pas à répondre à la demande
La pénurie de capitaux dont souffrent les jeunes sociétés françaises n’est pas près de s’estomper. Selon l’indicateur de Chausson Finance pour le second semestre 2012, les investissements des gérants de capital-risque ont reculé de 12% par rapport au premier semestre, à 351 millions d’euros. Après un exercice 2010 exceptionnel, au cours duquel 1,05 milliard d’euros avaient été injectés dans les start-up, la chute est continue: les montants investis ont baissé de 25% en deux ans, à 784 millions.
D’après le cabinet de conseil, cette tendance n’est pas liée à un manque d’ambition: «L’activité de capital-risque ne souffre pas d’une pénurie de projets. On n’a jamais vu un tel foisonnement d’incubateurs et de créations d’entreprises», insiste Sabine Fillias, sa directrice générale. Le nombre de société soutenues a progressé de 13% (à 389).
L’explication résiderait dans le retrait des investisseurs en 2012 selon une tendance préliminaire, qui sera précisée à la publication du prochain indicateur: les FCPI (diffusés auprès des particuliers) ont réduit leur collecte avec la baisse de leurs avantages fiscaux, tandis que les FCPR (destinés aux investisseurs institutionnels) ont décollecté auprès des banques et des assureurs – les régles de Bâle 3 et Solvabilité 2 imposant une surcharge en capital aux investissements dans le non-coté. Malgré tout, 360° Capital Partners ou Ventech sont parvenus à lever respectivement 60 et 75 millions d’euros au cours du semestre.
L’implication des grandes entreprises dans le capital-risque (corporate venture) s’est confirmée. Elles interviennent en confiant des capitaux à des gérants (EDF chez Idinvest, Casino chez Partech, Publicis et Orange avec Iris Capital…), ou en créant leurs propres équipes de gestion (SEB Alliance, Bouygues Initiatives, SFR Développement, etc.). Mais «leur développement ne compense pas le retrait des autres familles de gérants», nuance Sabine Fillias.
L’attrition des sommes consacrées au capital-risque n’est pas une bonne nouvelle. Il affectait déjà le stade de l’amorçage, provoquant un equity gap (pénurie de capitaux) pour les start-up. Désormais, un second equity gap apparaît: «En raison de la taille réduite de leurs véhicules, les équipes françaises de capital-risque ont tendance à perdre la main au profit des grands fonds venture internationaux dès que le tour de table devient important. Elles risquent de manquer les derniers financements dans les futurs grands champions français».
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