LBO France restructure la dette du fabricant de matériaux Consolis

Le fonds devrait réinjecter 35 millions d’euros en capital dans le spécialiste des éléments en béton, dont la dette approche 800 millions
Alexandre Garabedian

LBO France desserre l’étau autour de Consolis. Le fonds de capital investissement a trouvé un accord avec les créanciers du producteur franco-belge d’éléments préfabriqués en béton, qu’il a acquis début 2007, pour en restructurer la dette. Celle-ci s’élève à environ 800 millions d’euros et est constituée de plusieurs tranches seniors de maturité 2014 à 2016, d’une dette second lien et d’une dette mezzanine.

Pour décrocher l’accord des prêteurs, LBO France se serait notamment engagé à réinjecter 35 millions d’euros en capital dans la société, selon Bloomberg. Celle-ci a obtenu en échange un assouplissement des ratios financiers à respecter (covenants) et un rééchelonnement de la dette.

Par ailleurs, les détenteurs de la dette mezzanine, d’environ 70 millions d’euros, ont accepté de transformer cette dernière en obligations PIK (pay-in-kind). Ces titres très subordonnés permettent à l’emprunteur de ne pas payer d’intérêt chaque année. Ils sont composés et ajoutés au principal remboursable in fine.

De sources proches, le comité des créanciers seniors comprenait KBC, arrangeur à l’époque de la dette d’acquisition, ainsi que Bank of Ireland, BNP Paribas, Nordea, la Société Générale, et les fonds de crédit Harbourmaster et Pinebridge. Le CIC, LCL et Natixis figurent également, pour des tickets moindres, parmi les créanciers. Le steering committee des porteurs de dette mezzanine était pour sa part constitué de Nomura et des fonds Northwestern Mutual et European Credit Management.

LBO France avait pris 60% de Consolis aux côtés des dirigeants en valorisant à l’époque l’entreprise aux alentours de 950 millions d’euros. Mais la crise est passée par là: l’Ebitda de la société a plongé de 164 à 103 millions d’euros entre 2008 et 2009, et la société a cassé ses covenants. Le secteur des matériaux de construction a d’ailleurs été un gros pourvoyeur de restructurations pour les fonds de private equity. LBO France a ainsi passé l’année 2009 à négocier avec les créanciers du fabricant de tuiles Terreal, dont la dette a été convertie en partie en obligations remboursables en actions. A l’automne 2010, LBO France a aussi réaménagé la dette du fabricant de grenaille abrasive Wheelabrator, moyennant une injection de fonds et un relèvement des marges. Eryma Services, une autre de ses participations, a en revanche été placée en redressement judiciaire.

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